Le blog Economic Logic a attiré mon attention sur un nouveau type d'enchères qui a vu le jour sur des sites internet comme BidHere ou Swoopo. Il s'agit des enchères dites Pay-to-Bid ou littéralement, des enchères à offre payante. Qu'est-ce que c'est que cette nouvelle arnaque ?
Il s'agit de ventes aux enchères où l'action d'enchérir est payante. Sur le site en question, chaque fois que quelqu'un décide d'enchérir, il doit payer 60 centimes pour faire monter le prix de 2 centimes.
Vu de loin, ça parait être une bonne affaire car le montant atteint par les enchères semble significativement plus faibles que le prix en magasin pour la plupart des produits. Ce fait est confirmé par une étude récente qui montre que le prix final auquel partent les objets mis en vente est en moyenne cinq fois moins élevé que le prix en magasin.
Néanmoins, deux remarques s'imposent. Premièrement, prenons un produit au hasard, par exemple une Playstation 3. A l'heure où je vous écris, le niveau des enchères est autour de 50$ pour un produit qui en vaut 300. Si les enchères ont démarré, par exemple, à 10$, cela signifie qu'il a eu 2000 enchères sur ce produit, ce qui, à 0,60$ l'enchère, représente 1200$, soit 4 fois le prix du produit !!
Deuxièmement, le système est fait de telle manière qu'après chaque enchère, un compte à rebours de 15 secondes démarre. Si personne ne surenchérit, le produit est vendu au dernier enchérisseur. Les consommateurs sont donc tentés de démarrer des guerres d'enchères qui sont facilitées par la présence d'un système d'enchères automatiques : les consommateurs ont la possibilité de demander au logiciel d'enchérir automatiquement à leur place. Mais ce faisant, on rentre dans un cercle vicieux : plus on enchérit longtemps sur un produit, moins on a envie de lâcher l'affaire ! Si vous avez déjà surenchéri quarante fois sur la Playstation 3 (ou sur tout autre produit), ça vous a coûté 24$. Si vous perdez les enchères, les 24$ auront été dépensés en pure perte. Il y a donc un seuil à partir duquel on ne veut plus faire marche arrière et on est prêt à dépenser des sommes colossales pour gagner les enchères, sinon on n'aura plus que ses yeux pour pleurer.
L'étude que je citais plus haut ne semble pas s'émouvoir des problèmes posés par ce type d'enchères. Pourtant, ce genre de site aboutit, au mieux, à une situation où les consommateurs les plus chanceux remportent des bonnes affaires au détriment des consommateurs les moins chanceux (un peu comme un site de jeux en ligne mais sans en avoir l'apparence !) et, au pire, à une situation où certains consommateurs vont se ruiner parce qu'ils se retrouveront pris dans la spirale infernale décrite dans le paragraphe précédent.