jeudi 3 juin 2010

Concurrence et stabilité des salaires

La concurrence est typiquement un thème où les économistes et les non-économistes ont des avis opposés. Les économistes y voient une force qui pousse les entreprises à innover, qui contribue à maintenir des prix les plus bas possibles et qui incite les individus à donner le meilleur d'eux-mêmes. Les non-économistes mettent souvent en avant le fait que la concurrence accroît l'instabilité des marchés et impose une pression supplémentaire sur les travailleurs.

Je viens de découvrir une étude qui va probablement contribuer à réduire le fossé entre les économistes et les non-économistes. Elle date de 2004 et son auteur, Marianne Bertrand, l'a intitulée "De la poignée de main invisible à la main invisible ?". Qu'entend-elle par là ?

Un peu de théorie : le partage du risque entre l'employeur et le travailleur

Imaginons un marché du travail parfaitement concurrentiel. Dans ce scénario irréaliste, il y a un grand nombre d'employeurs et un grand nombre de travailleurs potentiels. De ce fait, un travailleur peut faire jouer la concurrence entre les entreprises. Tant qu'on lui paie un salaire inférieur à sa productivité réelle, une autre entreprise a intérêt à lui proposer un salaire légèrement supérieur pour le débaucher. Après tout, une entreprise n'a aucune raison de ne pas saisir l'opportunité de recruter quelqu'un qui rapporte plus que ce qu'il coûte. C'est pourquoi, dans ce monde fictif, les salaires sont toujours égaux à la productivité des travailleurs.

Dans la pratique, la productivité d'un salarié n'est pas une donnée figée et invariante dans le temps. L'environnement économique évolue très vite. Les besoins en mains d'oeuvre également. Un type de compétence peut être très recherché à un moment T mais délaissé par la même entreprise à un moment T+1. Si les salaires devaient toujours être égaux à la productivité, on observerait des variations permanentes. Un salarié ne pourrait jamais prévoir combien il serait payé le mois prochain.

Pour une entreprise employant un grand nombre de salariés, ça ne serait pas très dérangeant d'ajuster les salaires au jour le jour (à part les coûts administratifs que cela supposerait). Si le risque est réparti sur un grand nombre de travailleurs, la loi des grands nombres nous montre que le risque sera relativement dilué à l'échelle de l'entreprise*. En revanche, à l'échelle du salarié, l'incertitude serait insupportable. Les manifestations suite à la tentative d'instauration du CPE montrent que beaucoup de gens détestent travailler dans un environnement incertain.

Dans le jargon des économistes, on dira que le salarié est plus adverse au risque que l'entreprise, parce que la variation de son salaire a un impact beaucoup plus important sur lui que sur l'entreprise.

La conséquence de ceci est qu'au moment de l'embauche, l'employeur et le travailleur ont intérêt à conclure un contrat implicite. L'employeur va proposer le deal suivant :
"Ok, je vais vous payer un tout petit peu moins que ce que vous valez, mais en échange, je vous garantis la stabilité de votre salaire."
C'est pourquoi certains économistes affirment que le marché du travail est plus gouverné par une "poignée de main invisible" que par une "main invisible".

Ce contrat implicite vise à transférer une partie du risque du salarié vers l'employeur ce qui, je pense que vous en conviendrez, est plutôt souhaitable.

Quel rapport avec la concurrence ?

Comment la pression concurrentielle perturbe le contrat implicite

Une firme qui stabilise le salaire de ses employés prend un risque. Elle s'engage à ne pas diminuer le salaire si les conditions économiques sont défavorables. Se faisant, elle s'expose au risque de se faire voler des parts de marché par d'autres firmes ayant des politiques salariales plus flexibles. De ce fait, un accroissement de l'intensité de la concurrence peut mettre en péril les firmes qui adoptent une politique salariale trop rigide et notamment celles qui ont passé un contrat implicite.

Comment savoir si ce mécanisme fonctionne dans la pratique ? L'auteur nous dit que si c'est le cas, on devrait observer le phénomène suivant :
  • Lorsque la concurrence est peu intensive, les salaires sont influencés par la conjoncture au moment de l'embauche et varient peu par la suite.
  • Lorsque la concurrence est intensive, les salaires sont assez indépendants de la situation économique au moment de l'embauche et dépendent surtout des fluctuations économiques.
Pour tester cette théorie, elle utilise les variations dans les taux de change (qui influent le prix à la consommation des produits importés et donc le degré de concurrence) et regarder si ces fluctuations déterminent les politiques salariales.

Et effectivement, elle trouve que lorsque la concurrence devient plus intense, les salaires deviennent beaucoup plus sensibles aux fluctuations économiques et gagnent en instabilité, ce qui est préjudiciable aux salariés.

Typiquement, cette étude met en évidence un coût associé au processus de destruction-créatrice qui est souvent négligé par les économistes dans les modèles théoriques. Généralement, on enseigne par exemple les modèles de commerce international en faisant une comparaison entre avant/après l'ouverture des frontières. Dans le cas standard, on en conclut que le "bien-être total" est supérieur après ouverture des frontières. Toutefois, un prof un minimum rigoureux doit non seulement préciser que certains sont gagnants et d'autres sont perdants mais également que les changements dans l'environnement économique impliquent un coût non-négligeable pour un certain nombre d'individus comme le montre cette étude.
* Cette analyse n'est pas tout à fait exacte. La loi des grands nombres ne tient que si les variations de productivité des différents salariés sont toutes indépendentes. Or, dans la pratique, il arrive que les entreprises subissent des chocs qui affectent la productivité de tous les salariés à la fois. Supposons par exemple que l'entreprise subisse un choc de demande qui l'oblige à baisser ses prix. Comme chaque produit se vend moins cher, tous les salariés voient leur productivité chuter si on évalue celle-ci en valeur. La démonstration simplifiée dans le corps du billet vise simplement à montrer que le risque est plus important à l'échelle du salarié qu'à l'échelle de l'entreprise.


15 commentaires:

  1. Je vais redire la même chose autrement : ce qui me frappe une fois de plus, c'est que face à ce genre de question, les économistes se précipitent sur les statistiques et l'analyse économétrique, ce qui bien sûr n'a rien de répréhensible en soi. Mais où sont les papiers de ceux qui vont voir sur le terrain comment les entreprises traitent ce problème, ce qui me semble-t-il serait le premier mouvement dans toutes les autres sciences où l'observation directe est possible ?

    Si les économistes effectuaient d'abord ces observations de façon approfondie, puis en partaient pour en construire la théorie, avant d'en rechercher une validation économétrique (ce qui est la définition même de la démarche scientifique), il me semble que ça contribuerait encore mieux à "réduire le fossé entre les économistes et les non-économistes", et rendrait les économistes infiniment plus crédibles.

    Pourquoi font-ils autrement ? ou y a-t-il quelque chose qui m'échappe ?

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  2. Bonjour,

    C'est une question très intéressante que vous posez. Et là, je n'ai pas de réponse tranchée.

    Un économiste "ordinaire" vous dirait que la phase "d'observation sur le terrain" n'a d'intérêt que pour la partie "exploratoire" de la recherche, c'est-à-dire pour rechercher des intuitions et de nouvelles hypothèses à tester.

    Pour un économistes, les données que l'on récolte sur le terrain peuvent être intéressantes mais ne sont pas assez solides pour construire dessus. Je prends pour exemple certains journalistes qui élaborent des reportages UNIQUEMENT à partir d'observations sur le terrain. Malheureusement, on se rend bien compte que ces reportages n'ont pas de valeur scientifique, car on peut facilement raconter une chose et son contraire. De plus, il est impossible de falsifier des observations sur le terrain par d'autres observations sur le terrain. On ne peut falsifier un travail de terrain que par une analyse statistique.

    De manière générale, on ne valide (ou n'invalide) pas une hypothèse sur la base de quelques observations sur le terrain mais uniquement à partir d'un grand nombre d'observations indépendantes (c'est-à-dire à partir d'une base de données et d'une analyse statistique).

    Une autre façon d'argumenter consiste à dire que les économistes ont un avantage comparatif dans l'analyse quantitative. Ils sont relativement mal armés pour aller directement sur le terrain mais sont efficaces pour analyser des bases de données. Ils préfèrent donc laisser la tâche de l'analyse de terrain aux sciences de gestion ou aux sociologues.

    Cet argument est "théoriquement plausible" mais de mauvaise foi, car il est bien connu que les économistes citent très peu les travaux des autres sciences (sauf des sous-domaines très particuliers comme la psycho comportementale) alors que les autres scientifiques citent les économistes.

    Pour finir, je vais aller un peu dans votre sens. Les bases de données permettent de faire un travail de qualité à partir du moment où on sait exactement comment ont été recoltées les données et dans quel contexte. Malheureusement, les économistes négligent trop souvent de se renseigner sur "comment ça se passe sur le terrain" ou même de lire en détails les documentations fournies avec les bases de données.

    Le soucis que ça pose, c'est que parfois (mais ça reste quand même rare me semble-t-il), une mauvaise connaissance du terrain couplée à une absence d'information sur la nature précise des données conduit à faire dire n'importe quoi aux données.

    Je prends un exemple. Un macroéconomiste, je ne sais plus lequel, avait voulu estimer, si je me souviens bien, l'impact de l'aide humanitaire sur la croissance. Il a trouvé une relation positive et robuste. Mais cette analyse était erronée à cause d'un détail tout simple : il n'avait pas de données sur tous les pays. Or, les pays qui ne publient pas de données sur la croissance sont généralement ceux où il n'y a pas d'organisme statistique officiel fiable, et donc généralement les pays les plus pauvres ! Indirectement, les pays où la croissance était la plus faible ont donc été zappés de l'échantillon, ce qui détruit toute l'étude.

    Ma position personnelle est que, oui, les économistes gagneraient à aller un peu plus sur le terrain, non pas parce que ça améliorerait la scientificité de la démarche, mais plutôt parce que ça stimulerait l'émergence de nouvelles idées. Les informations récoltées sur le terrain ont une valeur scientifique très faible. On a donc intérêt à garder une démarche essentiellement centrée sur l'analyse économétrique si on veut avoir une certaine crédibilité.

    J'espère que cette fois, on va réussir à se comprendre ! J'ai trouvé votre remarque très intéressante, c'est un bon début :-)

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  3. Un dernier détail qui me vient à l'esprit : notre désaccord de la dernière fois sur le billet "la devinette de Bryan Caplan" vient du fait que l'on n'avait pas à notre disposition d'analyse statistique qui permettait de trancher ! En l'absence de données, on s'est crêpé le chignon pendant une heure parce qu'on avait des "observations de terrain" (ou des expériences personnelles) divergentes qui ne permettaient pas de conclure.

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  4. Bien entendu, je ne suggère absolument pas que les économistes s'inspirent des journalistes, ni même utilisent leurs reportages (je suis encore plus critique envers les journalistes qu'envers les économistes).

    Je ne dis pas non plus que l'observation du terrain, même de façon très scientifique, serait suffisante. Oui, il faut aussi proposer des éléments théoriques et les valider, par exemple par des méthodes économétriques. Mais je dis que la discipline économique gagnerait énormément à consacrer beaucoup plus d'efforts à l'observation. Alternativement, elle pourrait s'appuyer pour cela sur les autres disciplines, ce qu'effectivement elle ne fait que très rarement.

    Sur le reste, nous sommes d'accord, si ce n'est que je suis persuadé que l'économie gagnerait aussi en scientificité, dont une composante est la pertinence empirique. Les économistes gagneraient aussi beaucoup en respect de la part des praticiens non-économistes en montrant qu'ils connaissent les phénomènes dont ils parlent.

    Quant à expliquer pourquoi ce déficit d'observation, j'ai mon opinion, mais je deviendrais désobligeant.

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  5. Puisque vous revenez sur la devinette de Bryan Caplan, ça me permet de préciser ma pensée.

    La structure logique de cette discussion était la suivante :

    1. A (Bryan Caplan) dit : "les chats sont blancs alors que les chiens ne le sont pas. Pourquoi ?"

    2. B (moi en l'occurrence) dit "j'ai vu des chiens blancs, donc la question de A n'a pas de sens car sa prémisse est fausse"

    3. C, D, E et les autres disent : "ça ne suffit pas à prouver de façon scientifique que les chiens sont blancs. D'ailleurs nous en avons vu"

    C'est surréaliste (et révélateur) que ça puisse donner lieu au genre de débat qui a eu lieu. Il n'y avait rien à conclure sinon que la première phrase de la devinette était fausse.

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  6. Pfff, vous êtes borné parfois ! Bien évidemment que l'affirmation initiale n'était pas à prendre au pied de la lettre (et je l'ai dit, mais vous ne semblez pas avoir écouté). La question était de savoir pourquoi les entreprises se préoccupent en moyenne moins des activités extra-scolaires des candidats.

    Et nous avons passé 40 commentaires à débattre si effectivement les entreprises ont autant ou moins d'intérêt pour les activités extra-scolaires ou non. Alors oui, la formulation n'était pas RIGOUREUSEMENT exacte, puisqu'il aurait fallu préciser "en moyenne" et "moins" plutôt que "pas du tout".

    En sciences sociales, il est sous-entendu que les propositions ne sont jamais vraies dans l'absolu mais toujours en moyenne et dans le cadre d'une interprétation probabiliste. Pour rendre la lecture plus agréable, on ramène ce type de proposition à leur forme affirmative.

    *** FIN DU DEBAT ***

    Sur l'autre question, nous sommes en désaccord sur un point. Je pense que la scientificité de l'économie ne serait pas accrue si les économistes allaient se ballader sur le terrain (vous n'apportez aucun argument à ce sujet, je suis déçu).

    In fine, la validation d'une proposition scientifique en économie s'articule en deux temps :
    * On énonce une théorie (littéraire ou mathématique) qui aboutit à une prédiction testable.
    * On teste cette hypothèse grâce à l'économétrie.

    L'observation de terrain n'a, à moins que je ne me trompe, aucune place dans ce processus. A la limite, elle peut permettre de découvrir comme je l'ai dit plus haut, une mauvaise utilisation de l'économétrie.

    En revanche, les observations de terrain interviennent dans des aspects non-liés à la scientificité de la discipline :
    * Elles aident à générer de nouvelles idées et à orienter les programmes de recherche,
    * Elles permettent de convaincre plus facilement un public (qu'il soit composé d'économistes ou de non-économistes),
    * Elles font office d'arguments en l'absence d'éléments plus scientifiques (mais ne sont pas scientifiques pour autant).

    Quant au sous-entendu contenu dans votre dernière phrase, je pense le lire entre les lignes (mais je peux me tromper) et j'affirme que dans toute l'histoire de la pensée économique, il n'a jamais été aussi faux qu'aujourd'hui.

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  7. Caplan : je ne voulais absolument pas relancer ce débat que je continue à trouver surréaliste, mais y mettre fin. Raté. Toutes mes excuses.

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  8. "Une autre façon d'argumenter consiste à dire que les économistes ont un avantage comparatif dans l'analyse quantitative. Ils sont relativement mal armés pour aller directement sur le terrain mais sont efficaces pour analyser des bases de données. Ils préfèrent donc laisser la tâche de l'analyse de terrain aux sciences de gestion ou aux sociologues".

    Pas très très d'accord, et je m'appuie par exemple sur Alan Blinder "on Stricky Prices: Academic Theories Meet the Real World", in Mankiw, Monetary Policy, 1994. ou Alan Blinder, 1991, Why are prices sticky? Preliminary results from an interview study, AER. Et ça je trouve ça très intéressant...

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  9. Sur le deuxième point, c'est pourtant après avoir longuement observé des pinsons que Darwin a développé la théorie de l'évolution. Croyez-vous vraiment qu'il aurait pu développer une théorie aussi "scientifique" s'il n'avait pas pris préalablement la peine d'observer des animaux ?

    Ce que je dis, et qui me paraît une vérité de La Palisse, c'est que pour faire la théorie de quelque chose, il faut d'abord bien connaître ce quelque chose. Je crois comprendre que les économistes pensent différemment et je me demande pourquoi.

    Je reste fan de ce que disait Fontenelle : " Je ne suis pas si convaincu de notre ignorance par les choses qui sont, et dont la raison nous est inconnue, que par celles qui ne sont point, et dont nous trouvons la raison."

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  10. @Gérard : C'est exactement dans la lignée de ce que je viens de dire. L'observation stimule la créativité, mais est indépendente de la scientificité des théories.

    Je pense que l'économie est différente des autres sciences au sens où elle n'a pas les mêmes défis à relever. Dans la plupart des sciences, on souffre d'une pénurie de faits et d'observations. En physique ou en biologie, on passe du temps à observer car les faits sont difficiles à récolter.

    En économie, on a au contraire un trop plein d'informations. L'économétrie consiste à démêler les corrélations des causalités. Si on prend une base de données comme celle qu'a dû utiliser l'auteur de l'étude, on a énormément d'informations : salaires, productions, commerce, taux de change, niveau d'éducation, etc etc...

    Aller sur le terrain ne permet pas franchement d'obtenir beaucoup d'informations pertinentes supplémentaires. Qu'allez-vous demander aux employeurs que vous allez rencontrer ? S'ils ont changé leur politique salariale ? On a déjà toutes les données sur les salaires...

    Ceci dit, j'admets tout à fait que ça permet de découvrir d'autres canaux par lesquels la concurrence affecte les politiques salariales. Peut-être que certaines réponses inattendues des employeurs vont suggérer de nouvelles pistes de recherche.

    En attendant, sans aller sur le terrain, Marianne Bertrand a réussi à pondre une étude que, personnellement, je trouve assez convaincante et qui nous apprend quelque chose d'intéressant.

    "pour faire la théorie de quelque chose, il faut d'abord bien connaître ce quelque chose. Je crois comprendre que les économistes pensent différemment et je me demande pourquoi."

    Si je peux me permettre, c'est totalement faux. Si on connaissait bien ce quelque chose, on n'aurait pas besoin d'en faire la théorie. Si dans les années 1950 Solow et Swan connaissaient déjà tout sur la croissance, ils n'auraient jamais développé leur modèle de croissance qui nous a appris énormément à ce sujet (et il nous a appris d'autant plus que ce premier modèle était, en un sens, erroné, précisément parce qu'à l'époque on ne comprenait pas la croissance).

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  11. A mon avis, nous avons un problème d'expression. Il me semble que nous disons des choses très voisines plus complémentaires que contradictoires, et qu'il suffirait d'un rien pour que nous convergions. Mais dès qu'on essaie de mettre ça par écrit, ça tourne à la cata. Donc je préfère ne pas prendre le risque et arrêter là.

    Mais si je peux me permettre, relisez quand même ce que j'écris et essayez de le prendre au premier degré, sans me prêter des idées que je n'exprime pas (ou alors, c'est que je m'exprime vraiment mal...)

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  12. Mais c'est France culture ici!
    En tout cas, très intéressant billet qui donne envie de lire l'article en question

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  13. Juste une question : ce n'est pas un peu hasardeux de prendre les seules variations du taux de change comme indicateur du degré de concurrence ?
    J'ai bien conscience que c'est extrêmement compliqué à faire... que calculer un indice de Herfindahl-Hirschmann (ça me paraîtrait pertinent dans le contexte, non ?) pour l'ensemble des marchés est une tâche titanesque, sinon impossible.
    Enfin, certes, ceteris paribus, ça marche, mais "dans la réalité" ;) ça me paraît laisser de côté la compétitivité structurelle, ainsi que les gains de productivité nationaux (et étrangers) (je ne sais pas sur combien de temps porte l'étude, mais sur 10 ans, il peut y avoir des changements non négligeables).
    Bref, je me tais, je pense que si elle a fait ainsi, c'était la façon la plus réaliste d'envisager la question :)

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  14. @VC : En fait, on utilise les variations du taux de change comme instrument. C'est-à-dire qu'on mesure l'impact des variations du taux de change sur le degré de concurrence, puis on mesure l'impact du degré de concurrence sur la volatilité des salaires.

    L'intérêt, c'est que les variations du taux de change sont a priori indépendantes de la volatilité des salaires. Ca permet de construire une étude "quasi-expérimentale" : via le taux de change, les entreprises voient le degré de concurrence varier de manière imprévisible et exogène.

    L'autre avantage de cette méthode, c'est qu'on peut estimer l'effet de la concurrence sur la volatilité des salaires, même si on ne connait pas tous les déterminants de la volatilité des salaires ou du degré de concurrence. C'est la magie des variables instrumentales !

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  15. I get it. Merki :) (je t'avais dit que je me coupais les ongles au lieu d'écouter les cours d'économétrie de L3...)

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