mardi 4 mai 2010

Le mystère du temps de travail des étudiants

En 1961, un étudiant américain à l'université avait une charge de travail scolaire de 40 heures en moyenne. En 2003, elle n'était plus que de 27 heures. C'est la conclusion à laquelle aboutissent Babcock et Marks après analyse de plusieurs enquêtes réalisées dans les universités américaines entre ces deux dates.

La première hypothèse qui nous vient à l'esprit est que les étudiants qui peuplent les universités ne sont pas les mêmes entre 1961 et 2003. Peut-être que, par exemple, sous l'effet de la démocratisation scolaire, les universités de 2003 acceptent plus d'étudiants de milieux défavorisés et que ces étudiants travaillent moins. Nos deux chercheurs montrent pourtant que cette hypothèse ne tient pas. Aucune des caractéristiques observables des étudiants (sexe, âge, origine ethnique, diplôme des parents...) n'est en mesure d'expliquer cette évolution sur la période de temps considérée : la baisse du temps de travail se retrouve dans tous les groupes démographiques.

Après avoir cherché sans succès des explications du côté de la formulation des questions dans les différentes enquêtes ou de la représentativité de l'échantillon, les auteurs de l'étude admettent qu'ils ne savent pas pourquoi le temps de travail des étudiants a autant diminué à l'université.

Peut-être que les étudiants sont plus efficaces (par exemple l'arrivée des traitements de texte a probablement réduit le temps nécessaire pour rédiger un mémoire ou une dissertation), peut-être que les normes institutionnelles ont évolué, ou peut-être que des évolutions du marché du travail ont altéré les décisions prises par les étudiants. Mais les chercheurs admettent que les données dont ils disposent ne leur permettent ni d'informer ni de conformer ces hypothèses.

5 commentaires:

  1. Peut-être les universités souhaitent-elles faire des économies !

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  2. Effectivement, pas d'explication démontrée... Cela dit, l'année utilisée comme terme pour cette étude étant 2003, il serait intéressant de la réactualiser en ces temps d'utilisation chronophage de Facebook par nos étudiants.
    D'ailleurs,une étude de l’Université d’État de l’Ohio, menée par Aryn Karpinski montrait que les notes étaient corrélées négativement avec le temps d'utilisation de Facebook. Toutefois, là-aussi, aucune causalité démontrée, l'auteur reconnaissant que ce sont peut-être tout simplement les mauvais étudiants, plus prompts au divertissement, qui vont le plus naturellement vers les réseaux sociaux...

    Lien vers les références de l'étude :
    http://researchnews.osu.edu/archive/facebook2009.jpg


    Jim Y (http://confianceetresponsabilite.blogspot.com/)

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  3. L'arrivée des traitements de texte a probablement réduit le temps nécessaire pour rédiger un mémoire, et surtout l'arrivée d'Internet a surement réduit le temps nécessaire à la recherche d'informations ! Si c'est le cas, il devrait y avoir une chute à la fin des années 1990, début 2000.

    Les étudiants ont peut-être eu aussi moins de travaux donnés par leurs professeurs, qui ne souhaitaient plus prendre autant de temps à corriger leurs copies ? Mais si c'est le cas, pour quelle raison ?

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  4. ... Ou peut-être sont-ils devenus plus efficients en raison d'un enseignement primaire et secondaire plus performant ? On se prend à rêver...

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  5. Incidemment, je viens de recevoir pour mon université le retour de l'évaluation des enseignements par les étudiants. Il s'agit d'une étude très documentée, malheureusement, les taux de réponses sont très faibles. J'ai regardé les résultats des Masters d'économie. Il y avait un item : "combien d'heures de travail personnel consacrez vous par semaine ?" (ou formulation avoisinante). J'ai été surprise du nombre (mais encore une fois, probablement biais de sélection, les répondants sont probablement les bons étudiants) d'étudiants qui répondaient plus de 25 heures (ce qui constituait un des deux modes, l'autre étant autour de 10). Et curieusement (pour moi !), les garçons disaient consacrer plus de temps de travail personnel que les filles... Bon, on est sur du Master d'économétrie et de finance, donc probablement la crème...

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