samedi 10 avril 2010

Les départs en retraite ne font PAS baisser le chômage

L'idée intuitive selon laquelle un chômeur va prendre la place de chaque retraité qui quitte le marché du travail est totalement erronée car elle repose sur une hypothèse fausse.

On attend souvent dire que le départ en retraite d'un salarié libère une place sur le marché de l'emploi. Or ceci n'est le cas que sous l'hypothèse qu'on peut remplacer un salarié âgé par un salarié plus jeune sans que cela n'ait la moindre incidence sur la production. Dans notre jargon, on dirait que les "jeunes" et les "seniors" sont substituables.

Est-ce que l'hypothèse contraire est envisageable ? Peut-être que les jeunes sont d'autant plus efficaces qu'il y a des salariés expérimentés pour les former. Peut-être que les compétences principalement apportées par les nouveaux arrivants sur le marché du travail comme l'informatique ou les nouvelles méthodes de management, se combinent bien avec connaissances accumulées par les anciennes générations. Peut-être que l'innovation surgit plus facilement en présence d'individus issus de classes d'âge variées.

Si c'est le cas, les départs en retraite massifs des seniors ont plutôt tendance à réduire la productivité des travailleurs, ce qui augmenterait le chômage plus que ça ne le réduirait ! C'est idiot, me direz-vous. Ca se saurait !!

Trois chercheurs ont voulu en savoir plus et ont analysé une base de données assez vaste sur 22 pays de l'OCDE et sur une période de temps allant de 1960 à 2004. Logiquement, lorsque l'emploi des seniors diminue, l'emploi des jeunes devrait mécaniquement augmenter. Ils se rendent alors compte que contrairement à ce qu'on pourrait croire, une hausse de l'emploi des seniors a un effet, certes faible, mais positif sur l'emploi des plus jeunes ! Donc, aussi incroyable que cela puisse paraître, les départs en retraite accroissent le chômage.

Les économistes ont beaucoup de mal à aller à l'encontre de la sagesse populaire. Intuitivement, on voudrait croire qu'il y a un stock fixe de travail dans l'économie qu'il faut partager entre les travailleurs. Donc lorsqu'un travailleur part en retraite, ça fait plus de travail pour les autres. Malheureusement, l'économie ne fonctionne pas comme ça. L'emploi dépend avant tout de la productivité des travailleurs et des salaires qui se pratiquent. Peu importe les besoins des entreprises, un travailleur productif trouvera toujours une entreprise qui voudra s'offrir ses services. Et peu importe les besoins des entreprises, aucune ne voudra jamais embaucher un travailleur peu productif si le salaire demandé est trop élevé.

Je partage l'avis des auteurs :
"Du point de vue des politiques publiques, nos conclusions suggèrent que les politiques menées dans les années 1970 et 1980 visant à diminuer l'âge de départ en retraite ont été inefficaces pour lutter contre le chômage des jeunes. Ceci suggère également que le virage à 180° pris par les politiciens qui, désormais, tentent de décourager un départ en retraite précoce, n'aura pas d'effet négatif sur l'emploi des jeunes."
La théorie microéconomique du producteur qu'on enseigne en première année de fac a beau être simpliste, elle permet quand même d'expliquer pourquoi la conception intuitive qu'on a du chômage est fausse.

(Article découvert via Economic Logic, excellent blog pour ceux qui maîtrisent la langue de Shakespeare).

22 commentaires:

  1. "Malheureusement, l'économie ne fonctionne pas comme ça":
    Je n'aurais pas dit "malheureusement" vu comment cette erreur de raisonnement a été utilisée pour attribuer la responsabilité du chômage à telle ou telle catégorie.

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  2. Euh comment dire ... Le fait qu'une hausse de l'emploi des seniors soit positif pour l'emploi des jeunes n'implique pas du tout qu'une baisse de l'emploi des seniors soit négatifs pour l'emploi des jeunes.

    Ça peut être positif dans les deux cas pour des raisons tout a fait opposé.

    Ou alors vous n'avez pas tout rapporté de l'étude en question (mais j'ai pas trouvé mieux sur le blog anglais, faudrait voir l'article original).

    Et accessoirement le "bon sens" (dont il faut certes toujours se méfier :D ) me dirait qu'il faut aussi bien vérifier le pourquoi de la hausse de l'emploi des seniors, si c'est dut à la croissance et/ou une amélioration du marché de l'emploi forcément l'emploi des jeunes en tire partie aussi (mais bon là pour le coup même si j'ai pas vu l'étude ils ont quand même dut en tenir compte ... ou alors c'est inquiétant).

    C'était juste pour dire ça, dès fois que vous en sauriez plus :) Parce que sinon je trouve ça plutôt bête de virer les vieux pour prendre des jeunes inexpérimentés, parce qu'effectivement les jeunes peuvent apprendre d'eux, ça avait tué l'entreprise ou travaillait mon père, ils avaient mit à la retraite anticipé tout les 55+, et lorsqu'ils ont eut une commande pou un truc qu'ils faisaient 30 avant il n'y avais plus personne pour planifier la conception ni la fabrication ...

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  3. Ah j'avais pas vu le lien sur le blog anglais, on peut même télécharger l'article, je vais le lire pour voir si j'ai le bec dans l'eau pour mes objections :)

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  4. Encore un coup des néolibéraux pour obliger le pauvre peuple à se tuer à la tâche... En plus c'est des conneries, parce que mon beau-frère il a trouvé un travail parce qu'un vieux partait à la retraite et qu'il fallait le remplacer, na !
    Sinon, je pense que la substituabilité vieux/jeunes est meilleure dans le secteur public, non ? Il ne s'agit pas exactement d'un "stock fixe d'emplois", mais il semble que les départs en retraites dans la FP donnent lieu à des recrutements plus importants (enfin, ceteris paribus, pas quand on essaie de diminuer le nombre de fonctionnaires en même temps, bien sûr).
    Mais comme l'emploi public crée du chômage, ça nous arrange pas non plus (oué mais c'est des conneries parce que moi j'ai trouvé du travail dans le public !).

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  5. "La théorie microéconomique du producteur qu'on enseigne en première année de fac a beau être simpliste, elle permet quand même d'expliquer pourquoi la conception intuitive qu'on a du chômage est fausse."

    Et pour ceux qui ne sont pas allés en première année de fac, il y a un endroit sur Internet où l'on pourrait la consulter ?

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  6. @Yann : Généralement en économie, on fait des raisonnement "toutes choses égales par ailleurs", c'est-à-dire qu'on essaie artificiellement de construire des "univers parallèles" où on fait juste bouger la variable "emploi des seniors" et rien d'autre (ni la croissance, ni la démographie, ni les autres aspects du marché du travail, etc...).

    Donc dire que (en moyenne) la hausse de l'emploi des seniors améliore les perspectives d'emplois des plus jeunes, c'est la même chose que dire qu'une baisse de l'emploi des seniors dégrade les perspectives d'emplois des plus jeunes (sauf dans certains modèles particuliers où on essaie de mettre en évidence des "courbes en cloche" ou des "courbe en U" mais ce n'est pas le cas ici).

    @VC : Moi, je connais qqun qui a pas trouvé d'emploi dans le public, donc tu lui as piqué sa place !! xD

    @Gabriel : Vous pouvez trouver cette théorie dans la plupart des manuels d'introduction à la microéconomie. Je vous souhaite bon courage car c'est généralement assez austère (peu d'exemples, beaucoup d'équations). Je fais référence ici à la théorie sur la substituabilité des facteurs de production : dans une production à facteurs substituables, on peut remplacer un facteur par un autre sans problème. Dans une production à facteurs complémentaires, il est plus efficace d'utiliser un peu de chaque facteur plutôt que d'utiliser une grande quantité d'un seul facteur.

    On applique cette théorie au cas des jeunes et des seniors et on essaie de savoir s'ils sont complémentaires ou substituables.

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  7. @Jean : Je dis "malheureusement" car ce serait tellement plus facile de lutter contre le chômage si le fonctionnement du marché du travail était aussi simple ! Et surtout on ne perdrait pas autant de temps à expliquer aux politiciens (qui ne nous écoutent guère) pourquoi ils mènent des politiques à côté de la plaque qui sont coûteuses et inefficaces.

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  8. J'ai beaucoup de mal à comprendre la relation "réduire la productivité des travailleurs [...] augmenterait le chômage".
    Si en moyenne, les (jeunes) travailleurs produisent moins, il est nécessaire d'en embaucher plus pour maintenir une production constante. Donc plutôt moins de chômage.
    Pouvez-vous me dire quelle étape j'ai loupée ?

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  9. J'ai la même interrogation que Ludwin: est-ce parque l'entreprise à moins d'argent pour investir par la suite?

    Ceci dit je pense que cette théorie ne s'applique pas à toutes les catégories d'emplois: actuellement en stage dans une boite ou deux ouvriers partent en retraite, il y a bien eu deux jeunes embauchés pour assurer la relève.

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  10. @Ludwin :
    "Si en moyenne, les (jeunes) travailleurs produisent moins, il est nécessaire d'en embaucher plus pour maintenir une production constante. Donc plutôt moins de chômage.
    Pouvez-vous me dire quelle étape j'ai loupée ?"

    Pourquoi la production devrait-elle être constante ? Si il faut embaucher plus de monde pour produire autant, ça va coûter plus cher. Si les coûts de production augmentent, soit certaines entreprises vont réduire leur production (ou produire autre chose) soit certaines entreprises vont faire faillite. En tout cas, la hausse des coûts de production pousse rarement les entreprises à produire plus.

    @Anonyme : Attention aux extrapolations abusives. Tout ceci repose sur des moyennes. On peut trouver autant de contre-exemples que l'on veut, mais si la loi "tout senior qui part en retraite est remplacé par un jeune travailleur" était vraie, les départs en retraite devraient faire baisser le chômage des jeunes. Or, ce n'est pas le cas. Donc il y a des entreprises qui ne remplacent pas les seniors qui partent en retraite et la productivité s'en ressent.

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  11. Dans le contexte de l'article, on ne parlait pas d'embaucher plus de monde, mais plutôt de remplacer des personnes très productives par d'autres moins productives mais plus nombreuses. Affirmer que cela coûtera plus cher implique que le coût d'une personne n'est pas lié à sa productivité, ce qui ne me semble pas évident, surtout s'il s'agit d'une comparaison "jeunes-vieux". Au pire, il est possible que les différences de productivité ne soient pas complètement compensées par les différences de coût.
    Y-a-t-il une étude sur ce sujet ?

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  12. @Ludwin : Je suis d'accord, mais dans un modèle offre/demande classique, les deux variables (prix et quantité) s'ajustent. Des départs en retraite massifs peuvent être interprétés comme un choc de productivité négatif sur le facteur "travail des jeunes". La demande de ce facteur va diminuer, l'emploi et les salaires des jeunes vont chuter (et si on bute sur le SMIC, l'effet va se reporter sur l'emploi).

    Un nouveau keynésien pourrait également développer une argumentation autour de la rigidité à la baisse du salaire nominal, mais je ne suis pas entièrement convaincu par ce type de raisonnement.

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  13. "Donc, aussi incroyable que cela puisse paraître, les départs en retraite accroissent le chômage." Pour un voisin de droit, votre phrase ici est trop "hâtive".

    De mon côté, je suis globalement d'accord étant relativement fasciné contre les intuitions; mais bon je veux quand même lire cet article. balancer les intuitions têtues n'est pas toujours tâche très facile...Lol!

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  14. Je ne savais pas que l'économie était une science exacte au même type que la physique. Ainsi donc la manière de partager un gateau n'est pas le fruit d'un rapport de forces mais le fait de lois de la nature.Inutile donc d'aller voter, autant mettre comme président le major de la promo. A moins que....l'économie ne soit une science humaine ; que le partage du gateau, finalement, relève bien de la politique, et ne soit ainsi que le reflet d'un rapport de forces émergeant notamment des urnes. Alors, si c'est le cas,la question des retraites n'est qu'une question de partage de la richesse produite. LA question se réduit alors à : quelle part du gateau aux vieux, aux malades, aux actionnaires, aux joueurs de foot, etc...Quand on a compris cela, on a compris l'essentiel.

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  15. @Anonyme :

    Je ne comprends pas le lien entre votre commentaire et le billet. Bien sûr que l'économie n'est pas une science exacte. Mais le partage du gâteau est gouverné par plusieurs institutions, notamment (et surtout) le marché (via les ajustements dans les salaires et dans l'emploi). Le partage du gâteau n'est pas UNIQUEMENT le reflet de tensions politiques, loin de là.

    De plus, il s'agit d'un bien étrange gâteau puisque sa taille varie en fonction de comment on le partage. Par exemple, quand on encourage les pré-retraites pour donner de l'emploi aux jeunes, bizarrement, le volume de l'emploi diminue et diminue tellement que les jeunes ont une part plus réduite que si on n'avait pas mené cette politique.

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  16. Avant que de maîtriser une langue étrangère que ceux qui écrivent des articles maîtrisent les accords verbaux dans leur propre langue.

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  17. @Anonyme :
    Peut-on savoir pourquoi vous êtes agressif ?

    Oui, il m'arrive de faire des fautes de conjugaison. Je ne prends pas toujours le temps de relire mes billets avant de les publier.

    Est-ce là tout ce que vous avez à répondre ? (car j'imagine que c'est la même personne qui a publié les deux dernier commentaires ?)

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  18. Pardon, les deux dernierS commentaires

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  19. Non pas du tout, c'en est un autre.
    Moi c'est l'anonyme du gateau, je n'ai rien écrit au sujet de la grammaire.
    Je ne crois pas un seul instant en la main invisible du marché.
    Au niveau macroscopique le politique peut décider de mettre un terme au plein emploi, synonyme de grande puissance du salariat.Le plein emploi rime avec progrès social et hausse des salaires. Ainsi, le chômage est-il avant tout un outil de maintien de la discipline, notamment syndicale, et de contention de l'inflation.
    Sur cette base, je conteste complètement le "Donc" situé après le point d'exclamation, à l'antépénultième ligne du § "Trois chercheurs....".
    Bien à vous

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  20. @Anonyme : Oh, toutes mes excuses pour cette confusion !

    J'essaie de saisir votre idée. Selon vous, le chômage n'est pas le résultat du fonctionnement du marché du travail mais d'une intervention délibérée du gouvernement pour affaiblir le salariat ? La volonté affichée des gouvernements de tous les pays européens dans les dernières décennies pour lutter contre le chômage ne serait donc que du bluff selon vous ?

    Et quels seraient alors les outils qui permettent si facilement de manipuler le chômage ?

    Je reviens un instant sur la main invisible. Ici, l'hypothèse que vous contestez (si j'ai bien compris) est le fait que les acteurs du marché réagissent à l'environnement économique et notamment aux politiques publiques. Une chute du nombre de seniors sur le marché du travail est un événement qui, a priori, a des raisons d'influencer le comportement des employeurs. On peut être en désaccord sur les mécanismes qui vont s'enclencher ou le sens dans lequel vont évoluer les variables macroéconomiques, mais vous semblez soutenir le fait que ceci n'aura aucun impact sur le comportement des agents. Est-ce effectivement votre position ?

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  21. Bonjour,
    J'ai trouvé l'article intéressant, mais je pense qu'il mérite quelques éclarcissements à plusieurs égards, et sans doute d'être moins catégorique.

    Tout d'abord, la contestation du marché du travail qui serait un gateau à partager est à relier au débat actuel sur les retraites. Dans un pays où le taux d'emploi des 55-59 ans est de 60%, il semble qu'augmenter l'âge légal de la retraite puisse faire augmenter le taux de chômage. Je ne vois pas comment les personnes trouveraient magiquement un emploi après 60 ans.

    Deuxièmement, les comparaisons internationales sont contestables, on sait tous que les études économétriques sont basées sur des hypothèses souvent hasardeuses. Je pense que les pays où les taux d'emploi des seniors sont élevés sont des pays où il y a moins de chômage (donc moins de chômage des jeunes) et moins de préjugés anti-vieux et anti-jeunes. Mais mon raisonnement n'est peut-être pas complet.

    Troisièmement, c'est dommage de parler en des termes aussi généraux, car les constats dépendent des professions. Il est vrai que, parfois, ce que fait un senior, personne d'autre ne pourait le faire. Donc son départ à la retraite ne crée pas d'emploi. Dans certaines professions, un jeune peut cependant parfaitement le remplacer. Là, il "libère une place". Le scenario le plus fréquent me semble être le suivant : un quadra remplace le senior, et le jeune remplace le quadra.

    Mes raisonnement ne vont pas plaire à l'auteur car ils se basent sur une conception "gateau qu'on partage". Je pense en effet que cette conception n'est pas fausse. Ainsi, les 35h ont partagé le travail et créé 350 000 emplois. A l'inverse, les heures supplémentaires défiscalisées n'ont pas créé d'emplois. Sur quoi se base cette conception ? L'offre ne crée pas sa propre demande. Dans un monde plutôt surendetté (sauf en France où le taux d'épargne est élevé), les entreprises sont contraintes par la demande. En gros, même si une entreprise trouve un travailleur très productif, elle ne l'embauchera pas si c'est pour avoir des surplus. Ce raisonnement me semble au moins aussi valable que le vôtre. La différence ? Il n'est pas avalisé par les manuels de l'idéologie dominante. Mais vu que dans ces manuels, tout tourne, tout va bien, et qu'on sait que dans la rue c'est différent, je pense qu'il est sain de prendre ses distances à leur égard.

    Je serais intéressé de connaitre vos réactions, merci,

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  22. Bonjour,

    Vous contestez l'étude économétrique que je présente au motif qu'elle repose sur des hypothèses "souvent hasardeuses" mais vous acceptez sans rechigner le chiffre de 350 000 emplois créés par les 35 heures, qui ne repose sur rien de sérieux (voir aussi mon article "Enfin une étude sérieuse sur les 35 heures", qui commente l'étude réalisée par Wasmer et Chemin).

    L'étude sur les jeunes et les retraités ne repose pas sur une comparaison internationale. Le modèle empirique prend en compte le fait que les pays sont différents et intègre ce qu'on appelle un "effet fixe pays". De ce fait, les résultats sont obtenus sans utiliser de comparaisons inter-pays. L'intérêt d'avoir plus de pays est simplement d'avoir plus de données.

    Au passage, l'étude que je présente ne sort pas d'un manuel. D'ailleurs, je ne vois pas pourquoi "tout tourne, tout va bien", puisqu'au contraire, elle laisse suggérer que les départs massifs en retraite ne vont pas faire baisser le chômage.

    Sur le plan théorique, nous pouvez chacun avancer nos théories respectives et partir sur des discussions interminables. Au final, il n'y aura que les faits pour nous départager. Or, aussi loin que ma culture économique aille, les raisonnements "gâteau à partager" ont été très souvent infirmés par la réalité (voir par exemple les multiples études qui ne trouvent aucun lien entre chômage et immigration). Je soulèverai juste le fait que votre argument sur les entreprises contraintes par la demande repose sur l'idée que le niveau général des prix ne va pas s'ajuster à la baisse (cf commentaires précédents).

    Pour revenir sur votre première remarque, je pense qu'il faut se débarrasser de la vision d'un marché du travail avec un "stock d'emplois" et un "stock de travailleurs". Au niveau d'une économie entière, les emplois se créent et se détruisent selon des logiques beaucoup plus fines. Notamment, il semblerait que lorsque davantage d'individus arrivent sur le marché du travail, davantage d'emplois sont créés. Le chômage n'est alors pas tant un déficit d'emplois mais plutôt un problème d'employabilité d'une fraction spécifique de la population.

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