jeudi 15 avril 2010

La devinette de Bryan Caplan

Bryan Caplan pose la question suivante (que je transpose au système éducatif français) :

"Les grandes écoles valorisent beaucoup les activités extra-scolaires lors du recrutement alors que les employeurs n'en ont rien à f***** de ce que les futurs salariés font de leur temps libre. Pourquoi ?" (traduction assez libre)

Ca tombe à pic car, samedi dernier, j'évaluais des étudiants des prépas lors d'entretiens "blancs" de personnalité. Effectivement, j'ai valorisé les activités extra-scolaires (que ce soit la danse, le théâtre, la cuisine, le sport...) car pour moi, ça permet de déceler les qualités d'un candidats qui sont difficiles à observer dans un entretien de 30 minutes : la motivation, la persévérance, le dynamisme, la curiosité intellectuelle...

Si les jury des concours d'entrée aux grandes écoles utilisent cette stratégie, pourquoi les employeurs ne font-ils pas de même ? Mon idée est que les étudiants qui arrivent aux oraux des grandes écoles ont souvent des parcours très similaires. Ils n'ont généralement pas d'expérience professionnelle au delà des petits jobs d'été et ont tous fait la même scolarité (le bac puis la prépa). On est donc obligé d'aller creuser "plus loin" pour réussir à isoler les meilleurs.

En revanche, lorsqu'un employeur recrute, il a souvent face à lui des candidats aux profils très divers à la fois en terme de parcours scolaire et d'expérience professionnelle et il donc déjà beaucoup d'informations pour classer les candidats. Tout au plus, pour discriminer entre deux ou trois candidats identiques (pour les grandes écoles, c'est plusieurs centaines), il va gratter un peu plus loin autour de la motivation ou de la distance entre le domicile et le lieu de travail. Il n'a donc pas vraiment besoin de demander "Que vous a enseigné cette expérience de capitaine de l'équipe de foot au collège" ou "Quel est le dernier film que vous avez vu au cinéma".

Qu'en pensez-vous ?

42 commentaires:

  1. C'est vraiment avéré que les employeurs se f....ent des activités extra-scolaires ? Parce qu'ici aussi (INP Genoble) on fait de entretiens du même type que les vôtres et comme vous on valorise énormément les activités extra-scolaires. Votre argumentaire permettrait bien de comprendre ce "décalage" entre "nous" et les employeurs. Le problème est que tout autour de moi, j'entends le discours contraire de ce que dit Caplan concernant l'attitude des employeurs, et j'ai l'impression que c'est aussi le message que l'on fait passer aux étudiants, implicitement toujours, et explicitement souvent.

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  2. Mh, je ne sais pas trop quoi en penser. Je n'ai pas passé énormément d'entretiens d'embauche dans ma vie, mais il me semblait les employeurs étaient plus intéressés par mes compétences et mes motivations que mes loisirs.

    Je connais des gens qui ont bossé dans le recrutement. Je leur demanderai.

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  3. J'ai fait passer ces trois dernières années des dizaines d'entretiens d'embauches et soyons clairs, les activités hors cv, je m'en cogne.

    On peut se faire une bonne idée de la personnalité du candidat rien qu'en lui posant des questions techniques.

    Par exemple:
    Moi: Sur votre cv il est écrit MOTTECHNIQUE, pouvez-vous, m'en parler?
    Candidat: He bien, blablabla ... AUTREMOTTECHNIQUE .... blablabla
    Moi (interrompant): vous avez dit AUTREMOTTECHNIQUE, qu'est ce que c'est?

    De fil en aiguille on peut avoir une bonne idée de la personne a qui on a affaire. Le but est de faire parler le candidat de choses qu'il connait peu ou pas sur des sujets qu'il a introduit lui-même. Cela permet de:
    - savoir si on a affaire a un pipauteur
    - d'évaluer sa curiosité car l'AUTREMOTTECHNIQUE n'est peut être pas quelque chose qu'il est censé savoir vu son cv
    - d'apprécier sa personnalité, car d'expérience, les gens réagissent différemment lorsqu'on leur coupe la parole.

    J'ai d'autres méthodes ;o), mais évaluer la personnalité au travers de questions orientées boulot permet d'éviter les discours préformatés plus ou moins bien appris par les candidats qui finalement n'apportent pas grand chose (mention spéciale a la personne qui m'a dit un jour: "je me suis formé humainement pendant un an").

    Pour caricaturer mon propos, je dirais que la question "Que vous a enseigné cette expérience de capitaine de l'équipe de foot au collège?" me semble être au mieux une perte de temps. Car elle ne m'apprend rien sur les compétences du candidat (je ne travaille dans le football) et si cette expérience avait eu un impact positif sur sa personnalité (bouh, je parle comme un consultant en management), j'aurais du m'en rendre compte plus tôt.

    De mon point de vue, la seule question qui importe lorsque je rencontre un candidat est: "Est ce que j'ai envie de travailler avec lui?". Aussi, si le candidat a une personnalité qui me plait j'aurais naturellement de prolonger l'entretien, si le candidat me déplait -quelque que puisse être la raison- savoir qu'il a fait de l'humanitaire en Inde ou qu'il est membre d'un club de parachutisme ou qu'il passe ses soirées a jouer au poker sur Facebook ne changera pas mon opinion sur lui.

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  4. @sea34101 : Merci, c'est exactement le témoignage que je cherchais. Donc je pense que la question de Caplan a du sens.

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  5. J'en pense ... que Bryan Caplan dit une contre-vérité (pour être poli) et que sa question est sans objet.

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  6. Gérard, cette affirmation mérite un argument pour la soutenir.

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  7. J'ai participé aux actions de recrutement pendant des années dans plusieurs entreprises. Je travaille à la Fondation de l'Ecole Polytechnique notamment pour aider les élèves dans leurs relations avec les entreprises, en particulier pour les préparer au recrutement, et je suis fréquemment en contact avec les entreprises. Mon expérience est que TOUTES font confiance aux établissements d'enseignement pour la partie "académique" des compétences des élèves et ne cherchent donc pas à les évaluer lors de l'entretien. En revanche, elles essaient d'évaluer leur dynamisme, leur adaptabilité, leur leadership, etc, et pour ça elles s'intéressent ENORMEMENT à leurs activités extra-académiques et extra-scolaires.
    Il suffit de demander à n'importe quelle entreprise pour le vérifier et savoir que ce que dit Caplan est faux.
    Je pense que même sea34101, pour savoir s'il aimerait travailler avec un candidat (ce qui est en effet la bonne question), peut tirer des indications utiles de ses activités extra-académiques.
    Cela dit, chaque recruteur a sa technique mais je suis convaincu que l'immense majorité s'intéresse fortement aux activités extra-académiques des candidats.

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  8. Ca dépend peut-être du type d'emploi. Dans les cabinets de recrutement, je doute que les recruteurs ne s'intéressent aux activités extra-scolaires.

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  9. Bin moi j'ai été "chassé" par des cabinets de recrutement, et ils s'intéressaient à mes activités extra-scolaires !
    Et pour recruter des collaborateurs, je n'aurais pas mandaté un cabinet qui aurait fait l'impasse là-dessus.
    Maintenant OK, ça dépend peut-être du type et du niveau d'emploi, mais pour des niveaux "enseignement supérieur" les recruteurs veulent en général voir plus loin que les simples compétences académiques.

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  10. Chaque entreprise a ses besoins propres, on est d'accord. Qu'un candidat fasse quelque chose en dehors du travail ou de ses études est évidemment une bonne chose, ce que je conteste est la possibilité d'en faire quelque chose d'utile.

    Je dirais qu'avoir une activité en dehors des études est une bonne chose si cette activité apporte quelque chose (quoi précisément? je n'en sais rien ...) et ne soit pas du simple remplissage de cv. Le problème est que j'ai du mal a faire la distinction entre les deux et comme mon temps est limité, je préfère agir de biais.

    Pour adapter un thème d'économistes, je dirais que c'est la différence entre effet signal et effet diplôme. Je pense être capable d'évaluer la personnalité ("signal") d'un candidat sans lui poser de questions sur ses loisirs ("diplôme"). L'idée étant que sa personnalité doit transparaitre a travers l'activité professionnelle "en action" (via des questions techniques, ce qui ne signifie pas forcément questions de maths, je parle aussi de technique de ventes). A mon avis, un candidat ayant une personnalité "intéressante" devra forcément avoir des activités extra cv "intéressantes". Le problème est que le concept d'activité extra cv intéressante est floue et surtout que l'inverse (extra cv intéressant => personnalité "intéressante") est carrément faux.

    En un mot, je ne vois pas l'intérêt d'écouter quelqu'un me parler de son voyage de trois mois au Pérou "qui-lui-a-permis-de-s'ouvrir-à-d'autres-cultures" si ce candidat a pipauté quelques minutes auparavant pendant les questions techniques. De plus, comme je ne suis jamais allé au Pérou, je serai incapable de me faire une idée précise sur ce qu'il a vraiment fait la-bas.

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  11. @Elvin : et quand vous leur avez répondu "je suis spécialiste de l'Ecole autrichienne", comment ont-ils réagi ? ;)

    @Sea : La distinction que font les économistes, à propos des diplômes, est plutôt entre signal et capital humain : soit on passe un diplôme pour acquérir une compétence utile (aspect capital humain), soit on le passe pour montrer qu'on en est capable, qu'on est polyvalent et qu'on est un bourreau de travail que les choses les plus ardues ne rebutent pas (effet de signal).

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  12. Revenons à la question de départ. Caplan dit en substance que les recruteurs ne s'intéressent pas aux activités extrascolaires des candidats. Je dis que c'est tout à fait faux, point barre. Et je le dis parce que, pour un grand nombre de lecteurs de ce blog, il vaut mieux le savoir.

    Caplan cherche une explication à un phénomène purement imaginaire. C'est bien un économiste !!! (;->)

    @Vil : à l'époque, mon pôv monsieur, l'Ecole autrichienne, je ne savais même pas que ça existait ! Je suis aussi un certain nombre d'autres choses, vous savez...

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  13. @Gérard : Oui, non, mais c'est pas en disant "point barre" et en employant un ton péremptoire que vous pouvez clore le débat ! Sans rejeter totalement vos arguments, on est plusieurs à ne pas être d'accord avec vous. Honnêtement, je suis dubatatif sur ce que vous avancez.

    Ma femme, qui a travaillé dans un cabinet de recrutement, me dit que ça dépend. Elle dit "si on hésite entre deux candidats, et si l'activité en question est en rapport avec le poste, ça fera un petit plus." Elle précise que par exemple, si c'est un poste de commercial, le voyage de trois mois au Pérou ou le poste de capitaine de l'équipe de foot, ça ne l'intéresse pas.

    Elle a également fait partie des jury d'entretien dont je parle au début du billet et elle est d'accord pour dire que les méthodes de recrutement diffèrent un peu du monde professionnel.

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  14. Mais, Yannick, nous sommes d'accord ! En effet, ça dépend (il me semble l'avoir déjà dit). Et comme ça dépend, dire d'une façon générale (et péremptoire) "les employeurs n'en ont rien à f*****" est faux. Simple logique.
    J'ajoute que dans ma longue expérience, qui se vérifie encore aujourd'hui, y'a nettement plus de recruteurs qui s'y intéressent que de recruteurs qui sen foutent (vous n'êtes quand même pas bégueule au point d'écrire f***** j'espère).

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  15. J'ajoute aussi que c'est rendre service à ceux de vos lecteurs qui vont solliciter un job que de les prévenir, et de ne pas leur laisser croire que "les employeurs n'en ont rien à f*****", même si c'est le cas de certains.

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  16. Non, nous ne sommes pas d'accord. Depuis hier, j'ai récolté plus de témoignages allant dans le sens de Caplan que de témoignages qui le contredisent. Mon scepticisme est d'autant plus grand que dans ma propre expérience, je n'ai jamais réussi, lors d'un entretien d'embauche, à recaser que j'avais fait de l'improvisation théâtrale ou que j'avais été membre du bureau des étudiants.

    Bien évidemment, on s'accordera à dire que la proposition n'est pas à prendre au sens mathématique du terme. Il est donc exagéré de dire qu'elle est fausse dès lors qu'on a trouvé UN contre-exemple. Le but est de savoir si les employeurs s'intéressant aux activités extra-cv sont se rencontrent fréquemment ou s'il s'agit d'une minorité. De manière encore plus générale, la question de Caplan fait sens dès lors que les méthodes de recrutement des grandes écoles et des employeurs diffèrent.

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  17. Pour ceux qui maîtrisent la langue de Shakespeare, les réponses à Caplan fusent sur la blogosphère anglophone :
    http://www.marginalrevolution.com/marginalrevolution/2010/04/why-do-colleges-care-about-extracurricular-activities.html

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  18. Alors disons que nos expériences sont différentes. A Polytechnique où j'interviens, toutes les entreprises disent qu'elles attachent beaucoup d'importance aux activités extra-académiques lors du recrutement.
    Remarquez que je dis "extra-académiques" et pas "extrascolaires" ni "hors cv". A l'X les activités extra-académiques sont considérées comme faisant partie de la scolarité, et les entreprises invitent les candidats à les faire figurer sur leur CV. D'ailleurs, Yannick, si vous n'avez pas réussi à recaser que vous aviez fait de l'improvisation théâtrale ou que vous aviez été membre du bureau des étudiants, c'est peut-être justement parce que vous ne l'aviez pas mis sur votre CV. Si vous vous étiez présenté chez moi, je vous garantis que nous n'aurions parlé que de ça.
    Cela dit, j'ai fait ce que je crois de mon devoir : dire aux futurs candidats à l'embauche de ne pas croire Caplan et de s'attendre à être interrogés et évalués aussi sur leurs activités extra-académiques. A partir de là, chacun fait ce qu'il veut.

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  19. Votre billet est intéressant.

    Je partage l'avis de Gérard Dréan (J'en pense ... que Bryan Caplan dit une contre-vérité (pour être poli) et que sa question est sans objet.)

    J'ai 10 ans d'expérience en entreprise et je peux vous assurer que les questions extra scolaires et extra professionnelles ont un poids non négligeable dans le recrutement.

    Et je me suis longtemps interroges sur la manière dont les "ressources Humaines" mettent les gens dans des cases âpres un entretien de 30 minutes au moyen de logiques consternantes ("il joue au rugby"="il a l'esprit d'équipe", "c'est une femme"="elle est plus sensible" etc..).
    L'une des raisons de cette situation est que celui qui fait passer l'entretien ne connait pas, en général, le poste a pourvoir (avoir un financier en entretien alors que l'on ne connait rien a la finance) et se rattache donc a de la pseudo-psychologie.

    Par contre, je suis sidéré qu’un professeur puisse croire à ce genre de techniques qui défient les règles de bases de la rigueur scientifique.

    A ces jeux, les individus qui ont le plus de "bagou" sont les grands gagnants. En d'autre de terme, les individus a fort capital social (au contraire de ceux ne connaissent pas forcement les règles du jeux). ET ceux qui connaissent les règles préparent un baratin (on me demande de la motivation="j'organise des tournois de pingpong dans ma résidence". On me demande un esprit créatif= "je joue de la guitare").

    Un billet intéressant, en effet...

    Ps: je pourrai aussi parler de la sacro sainte "motivation" ce terme comme le "leadership" ne veut pas dire grand chose.

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  20. @Anonyme : Si on met de côté le débat qui m'opposait à Gérard, je me permets d'être en désaccord sur le fait que les gagnants sont les candidats ayant le plus de "bagou".

    Les étudiants essaient souvent de pipoter, de se faire passer pour ce qu'ils ne sont pas, de s'inventer une passion qui ne repose sur rien. En toute honnêteté, les jurys des concours d'entrée aux grandes écoles ne sont pas faciles à duper. J'ai toujours été surpris de voir avec quelle facilité on peut faire plonger un candidat qui essaie de s'inventer une personnalité intéressante.

    Par exemple, si vous prenez quelqu'un qui prétend être ouvert et curieux d'esprit, ce sera facile d'aller le "taquiner" sur sa connaissance de l'actualité par exemple. Ou alors un candidat qui affirme être dynamique ne tiendra pas très longtemps s'il ne peut pas raconter des expériences personnelles pour appuyer ceci.

    Evidemment, un candidat pourra toujours s'inventer des expériences. Mais la probabilité de se faire coincer n'est pas négligeable. Pour ma part, j'adore quand un candidat dit qu'il se passionne pour l'économie et affirme avoir lu de nombreuses choses sur le sujet xD

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  21. Je publie ici le commentaire d'une amie qui a un peu d'expérience dans le recrutement. Je lui ai demandé :

    "On cherche à savoir si les employeurs se soucient des activités "extra-cv" des candidats lorsqu'ils recrutent. Genre est-ce que ça intéresse un employeur de savoir que le candidat a été capitaine d'une équipe de foot quand il était au collège ou qu'il a fait un séjour d'un an au Pérou ?"

    Elle m'a répondu :

    "Je pense que ça dépend beaucoup de l'employeur, de sa façon de faire et de "l'école d'où il vient", mais aussi du type de poste à pourvoir.
    Par exemple, si je veux recruter un programmeur informatique, je me fiche de savoir s'il a été capitaine d'une équipe vu que a priori, il ne sera pas amené à manager d'autres personnes.
    Par contre, si je recrute pour un poste de directeur informatique et que je vois qu'il a été capitaine, je vais m'y intéresser et le faire parler dessus pour voir si ça lui donne une vraie valeur ajoutée ou pas.
    Ca permet aussi de creuser le CV et de vérifier les éventuels trous dans le temps (genre en 2008 il a rien fait). Si il me dit qu'il s'est remis en question et qu'il est parti faire le tour du monde pour se prouver telle ou telle chose, ca peut jouer en sa faveur, mais toujours selon le poste, et ca me permet, à moi recruteur, de vérifier qu'il n'y a pas anguille sous roche et que si je le prends, je ne fais pas le mauvais choix.
    Par contre, je ne tiens compte que des activités perso quand il était majeur, adulte. Ce qu'il a fait enfant ne m'apporte rien vu qu'il a pu changer entre temps et ne me dit pas de quelle façon il se comporte en tant qu'adulte.

    En résumé, ca dépend du formateur, de la situation, du poste à pourvoir et de la personne que tu as en face de toi."

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  22. Juste pour dire que je suis 100% d'accord avec votre amie.

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  23. Non, c'est une sélection "sociale" des meilleurs. "Meilleurs" dites-vous... mais par rapport à quoi ? La sélection vise à pérenniser le profil social homogène des écoles.

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  24. Je ne veux pas (trop) la ramener, mais les réponses à Caplan sur son blog et sur Marginal Revolution confirment bien ce que je dis : en disant que les employeurs ne s'intéressent pas aux activités extra-académiques des candidats, Caplan dit une énorme contre-vérité.

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  25. @Anonyme : Je ne suis pas d'accord. La "pérennisation du profil social homogène des écoles" est la conséquences du recrutement des "meilleurs" et non un but en soi.

    Il est à mon avis tout à faux de dire que les écoles cherchent à recruter des gens issus de milieux sociaux aisés. C'est plutôt que les gens issus de milieux sociaux aisés 1) ont plus d'atouts de leurs côtés pour passer les concours (ils "connaissent le système", ils sont issus d'un milieu social et culturel plus proche de celui des recruteurs, etc...), 2) tendent à s'autosélectionner dans les prépas. Les étudiants plus défavorisés ont souvent tendance à penser (et parfois à tort) qu'ils ne pourraient pas y arriver.

    Quand j'ai participé aux jurys, je ne cherchais pas à sélectionner les étudiants sur la base de leur milieu d'origine. Je cherchais plutôt les étudiants dynamiques, motivés, curieux, réactifs, qui seraient ceux qui profiteraient au mieux d'une formation en école. Je suis d'accord que parler des "meilleurs" est quelque chose de subjectif (et parfois mal compris), mais tomber dans le "tout est relatif, y'a pas de meilleur" me paraît exagéré.

    @Gérard : Je n'ai pas tout lu, mais il me semble que les avis sont partagés. Je veux bien concéder du terrain après avoir lu le commentaire d'Erik sur MR, mais je continue à me demander si ça ne concerne pas uniquement quelques postes très restreints.

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  26. Le mieux serait de demander à Caplan sur quelle source il fonde sa devinette (fonder sur une source, c'est architecturalement peu fiable, mais vous voyez ce que je veux dire). Je ne pense pas qu'il lance ça en l'air, à partir d'un ressenti personnel restreint.
    Moi le jury du Capes en avait rien à branler que je sache faire la tarte au citron meringué avec une seule main tout en jouant "Michael est de retour" à l'harmonica, ils voulaient juste savoir quelle était la ruralité en France aujourd'hui (véridique).

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  27. je viens de regarder de nouveau le blog de Bryan Caplan
    - 11 commentaires ne parlent que des universités ou d'autre chose mais pas des entreprises
    - 6 acceptent le présupposé de BC sans discussion
    - 6 disent "si, les entreprises regardent les activités extra-académiques", et aucun ne répond que non
    - 1 (le deuxième commentaire dans l'ordre chrono) pose la question de VilCoyote : d'où BC tire-t-il ça? sans recevoir de réponse.

    Ça me semble concluant, non ?

    Et sans me donner le mal de compter, j'ai bien l'impression que le même message ressort des commentaires sur MR.

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  28. @Elvin : "j'ai bien l'impression que le même message ressort des commentaires sur MR"

    Méfions-nous des biais de sélection, il est possible que seuls ceux qui ont une expérience contraire aient envie et prennent la peine de commenter.

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  29. @VilCoyote : j'entends bien, mais quand même...
    Tant que je n'aurai pas vu les sources sur lesquelles s'appuie BC, je maintiens qu'il dit une connerie (et en relisant MR, je suis bien loin d'être le seul)

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  30. L'élément intéressant qui ressort des témoignages est que les employeurs semblent s'intéresser aux activités hors-CV (ou peu importe comment on les appelle) pour les candidats qui viennent juste de finir leur scolarité.

    La théorie que j'ai avancée dans mon post semble tenir : les activités hors-CV apportent des informations utiles lorsqu'on ne peut pas s'appuyer sur le parcours professionnel du candidat pour l'évaluer.

    De plus, les témoignages semblent, une fois encore, concerner plutôt les emplois qualifiés.

    Je suis assez d'accord avec VC : si on est un peu rigoureux, on peut difficilement qualifier ça de "concluant". Pour l'instant, je baigne dans l'incertitude.

    Pour essayer d'avancer un peu, je propose la synthèse suivante :

    * Les grandes écoles s'appuient systématiquement sur les activités hors-CV parce qu'elles n'ont rien d'autre à se mettre sous la dent.

    * Pour les employeurs, les parcours scolaire et professionnels sont les informations les plus utiles. Si ces informations ne sont pas disponibles (candidat trop jeune, formation inconnue de l'employeur...) ou si l'employeur est très adverse au risque (il veut être sûr de prendre le bon candidat, il y a beaucoup de concurrence pour ce poste...), il peut utiliser les informations contenues dans les activités hors-CV.

    Qu'en pensez-vous ?

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  31. Bon, j'ai peut-être qqch d'objectif. Dans cette étude : http://www.frbsf.org/publications/economics/papers/2006/wp06-44bk.pdf
    l'auteur mesure le gain en salaire apporté par le fait de pratiquer une activité parascolaire.

    Page 6 du pdf, on trouve :

    "The fact that athletic participation (and only athletic participation among all extra-curricular activities) is associated with higher wages suggests that sports have an especially strong correlation with a type of ability that is both an important determinant of wages and is not measured by other observable variables."

    Il semblerait que les activités parascolaires hors sport n'apportent aucun supplément de salaire. On est tenté d'en conclure que les employeurs ne valorisent pas ce type d'activité.

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  32. Premièrement pourquoi parlez-vous des activités "hors CV" ? Les entreprises et les recruteurs professionnels conseillent au contraire de mentionner les activités extra-académiques dans le CV (ce qui est dit dans certains commentaires sur MR)

    Deuxièmement je nuancerai votre conclusion:

    1. "Pour les employeurs, les parcours scolaire et professionnels sont les informations les plus utiles."
    admettons
    2. "Si ces informations ne sont pas disponibles... ou si l'employeur est très adverse au risque..., il peut utiliser les informations contenues dans les activités hors-CV."
    L'employeur est toujours plus ou moins adverse au risque et il voudra toujours utiliser toutes les informations, y compris celles qu'il peut tirer des activités extra-académiques, sauf bien sûr si le parcours scolaire et professionnel suffit à écarter le candidat.

    3. si la formation est bien connue, l'employeur ne s'attardera pas sur le parcours scolaire et ira tout de suite à l'essentiel : la personnalité du candidat. C'est ainsi que pour les "grandes écoles" on en arrive souvent à des entretiens qui portent exclusivement sur les activités extra-académiques.

    Enfin, quand je dis "concluant", je veux dire suffisant pour conclure que la phrase de Caplan "Colleges care about applicants' extracurricular activities. Employers don't." est fausse.

    Et (je viens de lire le dernier post de Yannick), dire que ça n'apporte pas un supplément de salaire, ce qui est exact, ne veut pas dire que les entreprises n'en tiennent pas compte dans leur décision d'embaucher ou non le candidat.

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  33. On n'avancera pas si on continue à s'appuyer sur nos opinions subjectives.

    Ecartons également les questions de vocabulaires. On parle tous des activités qui ne rentrent ni dans la catégorie "parcours scolaire" ni dans la catégorie "parcours pro". Il faudrait les appeler "activités extra-scolaires et professionnelles". Je préfère parler d'activité hors-CV car c'est ce que je mets dans la rubrique "divers" de mon CV, tout à la fin. C'est secondaire.

    Le fait que ces activités n'apportent pas de supplément de salaire signifie qu'elles ne constituent pas un avantage significatif pour un candidat. Si les employeurs en tenaient compte, les candidats sans activité hors-CV seraient obligés de demander des salaires plus faibles pour pouvoir être embauchés. Sinon, pourquoi les employeurs ne recruteraient pas exclusivement des candidats avec des activités hors-CV ?

    Si les candidats avec des activités hors-CV ne sont pas suffisamment nombreux sur le marché du travail, alors ils pourraient obtenir des salaires plus élevés.

    Dans tous les cas, si c'était un élément recherché par les employeurs, ça se verrait dans les salaires. Par exemple, il y a quelques temps, je rappelais que le fait de maîtriser l'informatique est une compétence recherchée et qu'on voit effectivement apparaître une prime de salaire pour ceux qui maîtrisent l'informatique.

    Je ne veux pas donner l'impression de vouloir défendre à tout prix mon point de vue (j'ai déjà cédé pas mal de terrain depuis le début de la discussion) mais en l'absence de consensus, je préfère me raccrocher au seul élément solide que nous ayons. Donc je pense que même si les employeurs s'intéressent parfois aux activités hors-CV, ça ne joue qu'à la marge.

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  34. @Yannick Bourquin: Votre amie semble pleine de bon sens. Mais je me demande si ce genre de questions extrascolaires apporte de meilleurs resultats qu'une selection aleatoire dans un groupe avec les memes diplomes (meilleurs sur quelle criteres ?, le "dynamisme", par exemple, comment mesure t on la difference de "dynamisme" entre deux individus ?).
    A ma connaissance, il n'y a aucune etude la dessus.

    Je pense que ce genre de pratiques donne juste une illusion de controle du recruteur dans ses choix.

    Je concois que mon terme de "bagou" est un peu fort pour des etudiants sans experiences, quoi qu'il en soit, avant un entretien, il faut bien reflechir a ses histoires (on n'est pas oblige de mentir completement, il suffit de biens selectionner les anecdotes et la maniere de les raconter). On dit "se preparer a un entretien".

    une autre remarque:
    "un candidat qui affirme être dynamique ne tiendra pas très longtemps s'il ne peut pas raconter des expériences personnelles pour appuyer ceci." En effet, mais ceux qui ont prepare leurs textes ont pu tenir 30 minutes et vous ne les avez pas repere.
    Il y a un biais dans cette approche.

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  35. @Anonyme : Effectivement, l'expérience que vous imaginez mériterait d'être faite. De plus, en tant qu'amateur d'économie comportementale, je trouve votre idée d'illusion dans le contrôle du recruteur assez plausible.

    Sur votre dernière remarque, je suis d'accord. Néanmoins, les étudiants sont tous d'accord pour dire que ce type d'entretien est un exercice difficile. Disons que si c'était si facile de mentir, ça se saurait. Mais c'est clair que depuis 4 ans que je vais ça, je me suis probablement déjà fait avoir (mais on est quand même 4 dans le jury, il faut que le candidat nous bluffe tous les 4 !).

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  36. @Yannick Bourquin: Je veux pas trop en rajouter mais la dynamique d'un groupe de 4 individus (qui ont, je suppose, le meme passif: des universitaires) peut renforcer l'illusion de control. Et, encore une fois, il ne s'agit pas de mentir completement mais de s'adapter a son public.

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  37. Nous ne parlons plus du tout de la même chose. Je vais donc répéter ma position, puis me taire.

    Tous les gens qui sont intervenus ici, sur le blog de Bryan Caplan ou sur Marginal Revolution pour dire "si, les entreprises s'intéressent aux activités extra-académiques" n'ont fait que rapporter leur expérience personnelle concrète de recruteurs et/ou de candidats, et en aucun cas des "opinions subjectives". Sans vouloir être désobligeant, Yannick, vous êtes dans la position d'un gars qui se demanderait gravement si les éléphants sont gris ou roses et qui, aux gens qui viennent d'Afrique pour lui dire "ils sont gris", répondrait "On n'avancera pas si on continue à s'appuyer sur nos opinions subjectives."

    Que les entreprises s'intéressent aux activités extra-académiques des candidats (ce que nie Caplan, on se demande encore à partir de quelles sources) est purement et simplement un fait avéré qui ne doit pas faire débat. Que ce soit bien ou mal, utile ou inutile, etc. est un autre débat dans lequel je ne suis pas entré et n'entrerai pas.

    Et à la revoyure !!!

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  38. @Elvin "Que les entreprises s'intéressent aux activités extra-académiques des candidats est purement et simplement un fait avéré qui ne doit pas faire débat"

    Et votre source à vous, c'est quoi, à part votre expérience personnelle et la douzaine de commentaires sur deux blogs ?.. Je vous trouve ontologiquement et épistémologiquement discutable.
    Nan mais ne répondez pas, votre décision de vous taire me paraît tout à fait judicieuse, vous devriez la prendre plus souvent =)

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  39. Si je puis me permettre, vous êtes désobligeant dans votre façon péremptoire d'affirmer que vous avez raison sur la base d'éléments extrêmement maigres (car les arguments et témoignages avancés dans les commentaires ne font pas franchement hyper convaincants et il n'y a qu'un pas à faire pour tomber dans la généralisation abusive).

    J'essaie de recueillir des témoignages dans mon entourage et je face à des opinions relativement divergentes. La plupart des gens affirment que oui, ça peut jouer, mais ça reste marginal (ce qui ne contredit pas Caplan au sens où sa question garde sa pertinence).

    Pour essayer de sortir de ce dialogue de sourds, j'ai trouvé une étude qui apporte un argument intéressant (et un poil plus solide que des témoignages sélectionnés (je dis sélectionnés car vous semblez nier l'existence des témoignages qui ne corroborent pas votre point de vue)) mais que vous balayez d'un revers de la main sans y prêter la moindre attention.

    Si vous menez un débat dans l'unique but d'avoir raison, ça ne vaut pas le coup (et surtout, ça conduit à la multiplication des commentaires sans progression apparente).

    Si je peux me permettre d'être au plus aussi désobligeant que vous, j'aimerais bien voir ce que ça donnerait en sciences si pour répondre à une question du type "le Boson de Higgs existe-t-il ?", on avait interrogé une vingtaine de personnes et on avait compté le nombre de oui et le nombre de non.

    Parce qu'à ce compte-là, on peut se demander à quoi ça servait de construire un accélérateur à particules.

    D'autorité, je décrète que ce dialogue de sourds est terminé. Je supprimerai tout commentaire qui ne fera pas avancer la discussion.

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  40. (si vous permettez...)
    Pas besoin de construire le moindre appareil pour savoir comment fonctionnent les recruteurs. Contrairement au boson de Higgs, tout un chacun (vous, moi, Bryan Caplan, Vil Coyote, ...) peut aller les observer directement.

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  41. Euh non, moi j'ai pas que ça à foutre, pour l'instant.
    Et vous pourriez aussi aller observer directement plein d'autres choses (le chômage, la pluviométrie, la surface des habitations...). Pourtant, on préfère faire confiance à des gens qui ne font QUE ça et disposent d'un panel un poil plus large que ce qu'on pourrait observer directement.
    Maintenant, si vous pensez que votre grand âge, tout juste à la hauteur de votre incommensurable expérience, vous a permis de fréquenter un nombre et une variété de recruteurs et de postes suffisamment grands pour être représentatifs...

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  42. Allez stop, on arrête les hostilités.

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