lundi 1 mars 2010

The Undercover Economist

Note de lecture du livre The Undercover Economist de Tim Harford.

Le hasard a voulu que je lise ce livre en pleine période de polémique sur les nouveaux programmes des SES. Il constitue un argument de poids en faveur des nouveaux programmes car il montre qu'il y a quantité de choses intéressantes à raconter sur l'économie en utilisant quelques outils ultra simples de la microéconomie standard : rente de rareté, marchés parfaits, arbitrages...

Tout d'abord, le livre commence par une approche opposée à celle des manuels classiques. Il explique comment la rareté permet de faire payer les consommateurs plus cher en prenant l'exemple des cafés hors de prix qu'on peut acheter dans un Starbucks sur le chemin du travail. Ceci est prétexte à introduire des concepts comme la rente de rareté ou l'élasticité-prix de la demande.

Il continue sur le même thème en décrivant les stratégies ingénieuses des firmes ayant un pouvoir de marché pour extraire le maximum d'argent des consommateurs : la diversification de l'offre de produits, la discrimination par les prix ou l'exploitation des consommateurs qui ont la flemme de comparer les prix. En prime, on a même droit à quelques conseils (qui font penser à un reportage de M6) pour éviter de se faire arnaquer par les firmes qui ont un pouvoir de marché important.

Ensuite, le livre présente les marchés parfaits en posant la question "Et si personne n'avait de pouvoir de marché ?". Cette présentation permet de bien comprendre que les marchés parfaits sont un point de référence dont il est souhaitable de s'approcher autant que possible et non une description des marchés tels qu'ils sont réellement. En utilisant les marchés parfaits comme référence, l'auteur explique la nature des défaillances de marché courantes (externalités et asymétrie d'information) ainsi que des pistes pour une intervention efficace de l'Etat.

Toujours dans cette continuité, l'auteur nous fait découvrir les marchés financiers, les problèmes des pays en développement, la théorie des enchères et la mondialisation avec des exemples parlants.

En clair, ce livre est comme un manuel de microéconomie, dans lequel on aurait remplacé les mathématiques par de la pédagogie. On se rend compte à quel point il est facile d'expliquer toutes les notions de base de microéconomie si on prend la peine d'illustrer par des exemples de la vie réelle et si on prend le temps d'expliquer à quoi servent les concepts (plutôt que de balancer des équations les unes après les autres) (ceux qui ne sont pas convaincus peuvent aussi lire ce billet). C'est à mon avis un excellent support pour des cours de SES de Terminale avec le nouveau programme ou pour des cours de 1ère année de fac.

Malheureusement, il semblerait que ce livre n'a toujours pas été traduit en français...

2 commentaires:

  1. Je confirme, ce livre regorge d'exemples pour introduire une foultitude (j'aime bien ce mot) de concepts, tout au long du lycée, même en l'état actuel des programmes (surtout pour les 1ère et Term ES). Je ne m'en prive pas. Avec quelques morceaux de Freakonomics par dessus.
    Et en effet, je ne vois pas de VF, c'est regrettable :( Je vais me proposer pour le traduire, tiens... Freakonomics avait bien été traduit, pourtant.

    RépondreSupprimer
  2. Vil: Une traduction en français serait effectivement la bienvenue. L'Anglais reste malheureusement un obstacle majeur pour de très nombreuses personnes qui s'intéressent, entre autres, à l'économie, et quoi que l'on puisse penser du contenu des manuels anglosaxons (c'est une autre question), leur qualité pédagogique est remarquable, notamment pour la raison que rappelle Yannick, à savoir que les mathématiques sont quasiment absents. Au total, otez l'Anglais et les maths et vous donnez accès à nombres de développements de la théorie économique contemporaine à des personnes qui sans cela les trouveraient, au mieux complètement hermétiques, et, au pire, absolument farfelus.
    Bon travail...

    RépondreSupprimer

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.