dimanche 14 février 2010

Gad Elmaleh a raison à propos de la Saint-Valentin

D'après Gad Elmaleh :
"Eh les filles, qu'est-ce qu'il se passe avec la Saint-Valentin ? J'ai l'impression que ce jour-là, si on assure pas on va perdre tous les "Miles" qu'on a accumulé depuis le début de l'année."
La Saint-Valentin, c'est un peu ce que les économistes appellent un jeu de signal (Jean-Edouard fait la même analyse à propos des cadeaux de Noël). Pour schématiser, les mecs se répartissent en deux catégories : les mecs biens, et les mecs nuls. Les filles tendent à préférer les mecs biens aux mecs nuls. Le problème, c'est qu'un mec ne peut pas simplement dire "je suis un mec bien". C'est ce qu'on appelle du "cheap talk". N'importe qui, même un mec nul, peut prétendre être un mec bien. Comment s'en sortir ?

Il faut trouver un signal discriminant. C'est-à-dire une action qui est trop coûteuse à entreprendre pour un mec nul mais abordable pour un mec bien. Par exemple, si les mecs nuls sont les mecs qui n'ont pas l'intention de rester avec leur copine à long terme mais qui leur font croire le contraire, un bon signal peut être un cadeau coûteux. Il est beaucoup trop coûteux pour un mec qui ne compte pas entreprendre une relation à long terme de couvrir sa copine de cadeaux (à quoi bon offrir un bon resto à une fille qu'on va larguer le lendemain ?). Un bon mec peut donc faire savoir qu'il est un bon mec en offrant des beaux cadeaux à sa tendre et douce chérie.

Quand est-ce qu'un mec doit envoyer un signal ? Eh bien cela dépend des situations. Après une dispute, un joli cadeau est un moyen de montrer que la dispute n'était pas si grave et qu'on s'aime quand même (un mec nul ne va pas gaspiller de l'argent pour un cadeau s'il compte profiter de la dispute pour claquer définitivement la porte). De manière plus générale, le mec peut "sentir" le bon moment pour envoyer un signal.

Les signaux ne sont pas gratuits à envoyer car les beaux cadeaux coûtent cher (j'en sais quelque chose ! (Bouh... le radin)). Donc, il faut gérer ça de manière optimale. C'est très beau d'offrir des cadeaux tous les jours, mais la carte bleue va vite virer au vert. Si on laisse gérer le mec, il va faire de son mieux pour gérer son couple (et s'il ne fait pas de son mieux, c'est probablement qu'il vaut mieux que le couple casse).

La Saint-Valentin oblige tous les mecs à envoyer des signaux à une date précise. Dans certains cas, c'est plutôt pas mal (je pense aux mecs qui "oublient" d'avoir une petite attention de temps en temps pour leur chérie). Néanmoins, la plupart du temps, c'est inutile et ça conduit à un gaspillage de ressources. Lorsque j'ai déjà offert un joli cadeau à ma copine pour son anniversaire et un autre pour Noël, j'ai pas forcément envie de débourser à nouveau de l'argent pour la Saint-Valentin alors que j'ai déjà montré à ma copine que j'étais un mec bien.

Mais je suis obligé, car si je n'offre pas de cadeau pour la Saint-Valentin, je risque d'envoyer un mauvais signal et ma chérie va venir pleurnicher en me disant "t'es sûr que tu veux pas me quitteeeeeer ???" (oui, la mienne est très sensible, j'imagine que beaucoup d'autres vont plutôt aller râler auprès de leurs meilleures amies "Tu te rends compte, il m'a rien offert le salaud !").

Donc, la Saint-Valentin, en plus de faire chier les célibataires, oblige les hommes à jouer à un jeu de signal inefficient, qui fait certes la joie des fleuristes, mais qui gaspille les ressources de ces pauvres hommes.

Bon, allez j'abandonne la casquette de l'économiste cynique et je redeviens moi-même. Bonne Saint-Valentin à tous les amoureux !!!

9 commentaires:

  1. Je vois bien que je suis une source d'inspiration pour ton blog, d'abord List, et ensuite Gad el Maleh :)

    En ce qui concerne le gaspillage de ressources, je ne suis pas très d'accord, car il faut investir pour fructifier son affaire...

    De plus, il n'y a pas de mec bien vs mec nul, il y mec attentionné/mec goujeat ou mec géréreux/mec radin, car au final il n'y a que des mecs nuls mais avec des dégrés différents de "nullitude" ;)

    Bref, Si je suis d'accord sur un point, c'est que la Saint Valentin fait chier les célibataires.

    Hela

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  2. Un mec qui offre un cadeau à la Saint-Valentin envoie aussi le signale qu'il n'est pas dans une optique de relation égalitaire mais qu'il estime qu'il y a des rôles "de femme" et "d'homme".

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  3. @Léna : J'étais sûr que t'allais m'épingler sur l'égalité hommes-femmes !! :-D

    En revanche, je ne savais pas par quel angle tu allais attaquer !

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  4. C'est comme les halls en marbre dans les banques : ça sert à rien, mais ça donne confiance au client dans le fait que la banque sera toujours là demain.
    La Saint Valentin, si on la loupe, peut aussi être un facteur de hausse de rupture des couples, ce qui fluidifie le marché de la meuf et favorise les appariements efficients entre mâles et femelles célibataires.

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  5. Là la théorie de signal a du mal à convaincre...Si on en face un bon dragueur, ernjôleur, un véritable don juan...ce qui compte c'est sa "victime" et chercher les "next". Ils sont tellements "bons mecs" que l'on pense être en face de l'homme parfait.

    Je veux pas conclure comme Will Smith (dans Hitch); il y a d'autres facteurs qu'il faut scruter chères Mesdames (même Messieurs)...

    Bon conseil: toujours regarder le film de Hicht et celui où Vivika joue de son mec en 10 jours (1 comme 2)...

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  6. Je veux déranger en disant à Lena: vous êtes sans doute l'une des rares qui ne veut pas de cadeaux...

    Mauvaise interprétation voulue...

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  7. J'espère ne pas voir commis une erreur en disant "l'une". Si ça en est une, je prie à Lena de m'en excuser.

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  8. Le problème est qu'il y a un deuxième stage de cheap talk (auquel m'a fait penser l'allusion perfide aux meilleures amies) : celui où l'expert est, cette fois, la demoiselle, et consistant à annoncer "le copain de machine lui a fait un cadeau beaucoup plus beau/cher/original/romantique". Et là je vois mal comment il y aurait un équilibre non pooling...

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  9. Je suis d'une part d'accord avec léna ssi les cadeaux sont asymétriques et je rajouterais que c'est un jeux à répétition.
    L'art selon moi est de faire des cadeaux sans raison parce que cela procure du plaisir à celui qui le fait. Parce que son utilité augmente quand l'utilité sa moitié augmente. Un bon équilibre de Nash. Jusqu'au moment,soyons utilitariste, ou le cadeau devient plus onéreux en terme d'utilité pour l'offreur que l'augmentation de sa propre utilité induite par l'augmentation d'utilité de sa moitié (je n'avais, jusqu'alors, jamais fait de phrases avec autant d'utilité)
    Après, dans un jeu à répétions (pour les long termistes) le jeu est de laisser décider à sa moitié si elle préfère un cadeaux aux fêtes carillonnées et profanes aux attentions aléatoires et moins (stereo) typées 'must do'.

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