mardi 17 novembre 2009

L'effet inattendu du baby-boom sur la qualité des managers

EDIT 20/11/09 : Merci à David qui, par ses remarques, m'a fait me rendre compte que j'avais interprété de travers les propos de l'auteur de l'étude ! Le raisonnement que j'avais exposé était erroné. J'ai donc corrigé le billet. Toutes mes excuses pour cette erreur qui nous prouve une fois de plus que c'est grâce à la vigilance et à l'esprit critique de tous que l'on progresse sur le chemin de la vérité :-)

Commençons par un petit rappel historique. Dans la période qui va du milieu des années 1970 au milieu des années 1990, les pays industrialisés ont subi un ralentissement de la croissance de la productivité. C'est-à-dire que l'efficacité de la production continuait à croître mais à un rythme beaucoup plus lent que pendant les décennies qui ont précédé cette période. Or, on sait depuis très longtemps que la croissance de la productivité est le principal moteur de la croissance économique (on produit plus de richesses essentiellement parce qu'on parvient à utiliser de manière plus efficace les ressources à notre disposition, c'est-à-dire le capital et le travail).

Pour comprendre la faible croissance économique durant cette période, il est donc important de comprendre pourquoi la croissance de la productivité a chuté.

James Feyrer avance une explication partielle : le baby-boom. D'après lui, le baby-boom pourrait expliquer entre 15 et 25% de la différence de croissance de la productivité entre les années 1970 (début de la crise) et les années 1990 (fin de la crise).

Quel est le mécanisme à l'oeuvre ? D'après ce chercheur, l'arrivée sur le marché du travail d'une cohorte de travailleurs de taille plus importante (la cohorte pas les travailleurs) a engendré un besoin plus important en managers : il fallait bien manager tous ces nouveaux travailleurs ! Il a donc fallu recruter de nouveaux managers parmi les "anciens" travailleurs (on remarque d'ailleurs que l'âge moyen des managers a augmenté entre 1960 et 1970). Non seulement ces "managers de secours" étaient inexpérimentés pour ce poste, mais en plus ils étaient nécessairement moins bons que les managers déjà en place (sinon ils auraient été managers avant !).

Après une décennie, les baby-boomers ont pu prendre le relai et récupérer les postes de managers (l'âge moyen des managers retombe à son niveau initial). Progressivement, la croissance de la productivité a retrouvé son rythme normal.

En procédant à des simulations, l'auteur montre que les changements démographiques  peuvent expliquer une part importante (environ 20%) des variations de la productivité entre 1960 et 2000.

Les preuves sont encore maigres pour confirmer cette hypothèse mais il s'agit d'une piste intéressante qui contribue à montrer que les effets de la composition de la population sur l'économie sont complexes et difficiles à prévoir.

ref :

The US Productivity Slowdown, The Baby Boom, and Management Quality
James Feyrer
Working Paper 15474
http://www.nber.org/papers/w15474


2 commentaires:

  1. très intéressant, merci pour ce post..

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  2. En effet, c'est très interessant...
    Est-ce que pour autant ce phénomène se renouvellera avec le départ massif de cette génération à la retraite?

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