mercredi 2 septembre 2009

A quel âge les économistes sont-ils les plus productifs ?

Avant d'aborder notre sujet, j'annonce ma décision de réduire la fréquence des billets sur ce blog. Dans l'unique but de "tenir" la cadence d'une publication tous les deux jours, j'ai écrit des billets à la va-vite sur des études pas franchement passionantes dont je n'ai lu que l'abstract et la conclusion en diagonale. Je crois qu'il vaut mieux écrire moins, mais en prenant le temps de bien sélectionner les articles que je commente et d'écrire un billet de qualité. Et puis, il faut bien que j'avance un peu ma thèse :-)

Bref, revenons à nos moutons.

Une étude de 2005 s'est intéressée aux "cycles de vie" des publications des économistes ayant reçu le prix nobel pour essayer de savoir si les chercheurs sont plus productifs quand ils sont jeunes ou quand ils sont plus âgés.

La réponse est : ça dépend (vous vous en doutiez). Mais de quoi ? En fait, les auteurs distinguent deux types d'innovateurs. Grosso modo, les premiers sont les théoriciens (conceptual innovators) et les seconds des empiristes (experimental innovators).

Les théoriciens ont tendance à avoir leur âge d'or jeunes (autour de 25 ans). L'interprétation qu'en donnent les auteurs est que les "habitudes de recherche" tendent à réduire la probabilité qu'une innovation radicale surgisse. Les théoriciens sont donc efficaces quand ils ne sont pas encore trop imprégnés par les méthodes du paradigme dominant.

En revanche, les empiristes sont de plus en plus efficaces au cours de leur carrière (le pic est autour de 50 ans), notamment parce qu'ils accumulent des connaissances et des preuves empiriques et qu'ils perfectionnent leurs méthodes de récolte et d'analyse des données.

Voilà un élément qui aurait pu faire un encadré sympa dans le dernier best-seller d'Emmeline et Jean-Edouard.

ref :

Creatives Careers: The Life Cycles of Nobel Laureates in Economics
Bruce A. Weinberg
David W. Galenson
NBER Working Paper 11799


5 commentaires:

  1. "Les théoriciens sont donc efficaces quand ils ne sont pas encore trop imprégnés par les méthodes du paradigme dominant." C'est pas aussi clair?

    Pour le best-seller, je pense que ça mérite sa place

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  2. Effectivement, c'est seulement une interprétation possible du fait que les théoriciens écrivent leurs meilleurs articles au début de leur carrière. Mais ça parait plausible.

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  3. Benoît Malbranque6 septembre 2009 à 12:21

    Sans doute avez-vous raison en ce qui concerne notre époque. Mais n'est-il pas vrai que ces derniers siècles, le mot "maturation" avait sa valeur, si j'ose dire, au regard des grands ouvrages de la période (la RDN, Le Capital, la Théorie Générale, pour ne citer qu'eux, ont été écrit et publié quand leur auteur avait aux alentours de 50 ans.) Ce serait difficile, surtout, de ne pas leur accorder le statut de théoricien.

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  4. Il est vrai que l'analyse présentée ici n'est probablement pas valable pour la période d'avant la professionnalisation de l'économie. Il y a un fossé entre écrire un ouvrage et écrire un article. Faire de la recherche prend beaucoup plus de temps lorsque la profession n'est pas organisée et que la méthodologie n'est pas unifiée.

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  5. Une autre hypothèse: les empiristes n'ont accès à des ressources nécessaires à leurs travaux que tardivement (sondages, réseaux, étudiants), tandis que les théoriciens les ont dès le début de leur carrière.

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