mercredi 30 septembre 2009

Autisme de ceux qui critiquent "l'autisme économique"

Le site "Autisme économique" critique beaucoup la théorie orthodoxe en économie (tous les travaux de recherche que ce blog vous présente sont tirés de la théorie orthodoxe).

Par exemple, les auteurs de ce site critiquent l'hypothèse dite de substituabilité entre les facteurs de production. La théorie standard nous dit que pour atteindre un niveau de production donné, il existe plusieurs possibilités et que certaines de ces possibilités impliquent l'utilisation de beaucoup de capital et peu de travailleurs tandis que d'autres impliquent plutôt l'utilisation de peu de capital et peu de travailleurs. C'est ce qu'on appelle la substituabilité des facteurs.

D'après les auteurs du site Autisme économique, il s'agit d'un mythe : la production serait toujours à facteurs parfaitement complémentaires : la proportion de capital et de travail dans la production est fixe. A partir de là commence un long monologue sur ces économistes qui seraient coupés de la réalité.

Manque du bol, les économistes orthodoxes ont regardé la réalité et les faits, contrairement aux auteurs de ce site. Comment le prouver ? Tapez "estimation of elasticity of substitution between factors" dans google ou quelque chose de similaire et vous tomberez sur un très très grand nombre d'études qui ont tenté d'estimer ce qu'on appelle l'élasticité de substitution entre les facteurs.

Et là, on se rend compte que beaucoup d'études ont trouvé que capital et travail étaient substituables. Je passe sur le fait que les économistes sont allés beaucoup plus loin et ont répété l'exercice en distinguant travail qualifié et travail non-qualifié, travailleurs immigrés et travailleurs natifs, en incluant l'énergie, en se plaçant au niveau national ou au niveau sectoriel... etc.

Donc, je recommande une fois de plus de prendre au moins 5 minutes (dans l'idéal il faudrait prendre 4 ou 5 ans mais bon...) pour étudier ce que font réellement les économistes orthodoxes avant de balancer une critique toute faite qui, elle, est déconnectée de la réalité !

Accessoirement, quand on leur envoie un mail pour leur demander pourquoi ils soutiennent que la substituabilité entre travail et capital est impossible alors que beaucoup d'études empiriques ont montré le contraire, on n'obtient pas de réponse. Qui est l'autiste dans l'histoire ?


20 commentaires:

  1. Très bien, et comment les orthodoxes justifie la loi : prix = coût marginal ?? (alors que la pour le coup toutes les enquêtes effectuées auprès des patrons révèlent qu'ils fixent leur prix à partir du coût moyen de production auquel ils ajoutent une marge)
    Et les rendements décroissants? (alors que là encore toutes les enquêtes réalisées sur le sujet auprès de chefs d'entreprises révèlent que pour plus de 90% d'entre eux les rendements sont croissants, voir constants)
    Et tout est comme ça dans la théorie néoclassique, aucune théorie, des mercantilistes aux classiques à toutes les théories hétérodoxes aujourd'hui ne s'est appuyée sur des hypothèses aussi absurdes, à l'opposé de la réalité et du bon sens.
    La seule justification à ces hypothèses et à leur utilisation par les économistes orthodoxes est l'aisance à les manipuler dans le cadre de modèles mathématiques.
    C'est avant tout à cela que font référence les hétérodoxes lorsqu'ils vous déclarent autistes.
    Ce billet pour tenter de les discréditer à travers la substituabilité des facteurs est je trouve pour cette raison particulièrement malhonnête car passant à côté de l'essentiel de la critique faîte aux orthodoxes.
    Youri, doctorant en économie

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  2. Bonjour,

    Je vais répondre point par point.

    1) La règle P=Cm est valable dans un cas très particulier qui est celui de la concurrence pure et parfaite (elle n'est plus vérifiée dès qu'on passe à des modèles plus compliquées).

    Elle se justifie par le fait qu'il s'agit d'une condition nécessaire de la maximisation du profit. Autrement dit, si elle n'est pas vérifiée, le producteur prend une décision qui lui fait rater un gain. Comment justifier qu'un producteur passerait à côté de l'occasion de faire un profit ? C'est notamment l'objet d'étude des théories de l'agence que vous devez sans doute connaître et qui s'attachent à expliquer l'existence de rentes dans les organisations économiques.

    Je précise au passage que la règle P=Cm n'est pas incompatible avec une tarification au coût moyen+mark-up. Puisque le prix doit être supérieur au coût moyen et que la courbe de Cm coupe la courbe de CM en son minimum, le prix est nécessairement supérieur au coût moyen.

    La théorie économique ne dit pas que les producteurs appliquent p=Cm, mais qu'ils maximisent leurs profits (et après on en déduit, sous d'autres hypothèses, p=Cm). Si vous voulez critiquer p=Cm, il faut critiquer la maximisation du profit (mais les orthodoxes s'en sont déjà occupés).

    Ensuite, il s'agit malheureusement d'une règle difficile à tester empiriquement. Toutefois, il me semble que l'économie industrielle expérimentale apporte des réponses intéressantes à ce sujet (notamment au sujet du rôle clef de l'information dans ce contexte).

    Vous ne pouvez donc pas affirmer (à moins de faire preuve de mauvaise foi ou alors d'ignorer des pans entiers de la théorie orthodoxe), que les économistes orthodoxes n'ont aucun recul sur la règle p=Cm (qui, je le rappelle, s'applique dans un cas extrêmement particulier).

    2) En ce qui concerne les rendements croissants, je vous rappelle que ce qui gêne les économistes n'est pas la présence de rendements localement croissants (si les rendements sont décroissants à partir d'un certain seuil, ça s'analyse très facilement, cf. le chapitre sur les non-convexités dans le bouquin de micro de B. Salanié). Beaucoup d'entreprises font face à des rendements croissants puis décroissants.

    Néanmoins, je suis d'accord pour dire que les rendements croissants sur de grandes échelles de production existent. Mais vous êtes de très mauvaise foi si vous affirmez que les économistes ne s'y sont jamais intéressés ! Marshall fut un des premiers. On a Romer qui a révolutionné la macroéconomie en étudiant les rendements croissants, puis Krugman qui a eu un Nobel en 2008 notamment pour l'analyse des rendements croissants en commerce international !

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  3. 3) Je ne critique pas les hétérodoxes. Je pense que l'existence de courants hétérodoxes est essentielle pour que l'économie orthodoxe puisse progresser. Beaucoup de révolutions dans la théorie orthodoxe viennent des courants hétérodoxes : l'économie comportementale, la macroéconomie keynésienne, l'économie de l'information, l'économie des institutions...

    Ce que je critique, c'est un rejet de la théorie orthodoxe par des individus qui ont une vision de la théorie orthodoxe telle qu'elle était dans les années 50.

    Les économistes orthodoxes n'ont jamais fait autant d'effort pour confronter leurs hypothèses et leurs résultats aux données et à la réalité (si vous lisez un peu ce blog, vous vous en rendrez compte) et pour développer des méthodes économétriques suffisamment rigoureuses pour être crédibles.

    Ce que je critique également, c'est cette espèce de prétention intellectuelle pitoyable de la part de ceux qui formulent des critiques faciles : "Bouh les orthodoxes pensent que les gens sont rationnels, qu'est-ce qu'ils peuvent être cons !".

    Pour formuler des critiques pertinentes à l'encontre de la théorie orthodoxe, il faut tout d'abord bien la comprendre (et donc aller au delà des manuels de microéconomie de premier cycle), puis de partir du principe que lorsque quelque chose nous paraît absurde, il vaut mieux remettre en cause sa compréhension des théories plutôt que de céder à la paresse intellectuelle qui consiste à dénigrer ce qu'on ne comprend pas.

    A travers ce billet, je donne simplement un exemple de critique ridicule faite aux théoriciens orthodoxes. Ridicule car déjà dépassée par les orthodoxes eux-mêmes.

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  4. Re,

    Vous ne pouvez pas affirmer que critiquer la loi p=Cm revient à critiquer le désir des entrepreneurs de maximiser leurs profits. Cela est vrai dans la théorie néoclassique (justement parce qu'elle repose sur des rendements décroissants) mais faux dans les autres théories.

    Prenez la théorie postkeynésienne, elle repose sur les hypothèses des rdts constants et p = CM + marge. Et chaque entrepreneur cherche à maximiser son profit dans ces conditions en cherchant à obtenir la plus grande part de marché afin de de remporter sa marge sur un maximum de produits vendus.
    Ici, les entrepreneurs cherchent bien à maximiser leurs profits et pourtant il n'est question ni de près ni de loin de coût marginal.
    Et qu'un tel monde paraît plus proche du ressenti des entrepreneurs! (qui pourraient tous être victimes d'illusion mais pour le coup je ne le pense pas)
    La théorie néoclassique est par ailleurs incapable d'analyser les grands faits de l'histoire économique, aucune explication cohérente ne permet encore à l'heure actuelle de bien comprendre les crises (à un tel point qu'il a fallu créer la théorie des cycles réels et donner un prix nobel à leurs auteurs, non mais quand même! voyons! quand je raconte cette théorie à mes étudiants ils sourient tant elle leur paraît stupide! Et ce n'est pas là affaire d'ignares bornés contre savants visionnaires, mais de bon sens contre (comme le dit je crois Mankiw) cohérence interne avec la théorie néoclassique à n'importe quel prix!)
    Lisez l'article sur la théorie de la régulation de Benassy Boyer (1979) et vous verrez comment ils expliquent en une trentaine de pages l'histoire du capitalisme avec une cohérence à faire palir la théorie néoclassique, obligée à chaque nouvel événement d'inventer de nouveaux outils ad hoc car incapables de comprendre dans sa globalité le fonctionnement du capitalisme.
    La théorie néoclassique ne progresse pas parce qu'elle intègre l'économie comportementale, l'économie de l'information, etc.. elle se complexifie et (de fait) se microspécialise pour mieux cacher son incapacité à appréhender le fonctionnement de l'économie, la théorie néoclassique progressera le jour où elle se départira de ses hypothèses fondatrices

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  5. Sur un plan strictement logique, vous ne pouvez pas accepter une hypothèse et refuser la conclusion qui en découle.

    Si on accepte que les producteurs maximisent leurs profits sur un marché en concurrence pure et parfaite, alors le prix va se rapprocher du coût marginal, peu importe la façon dont les entrepreneurs s'y prennent pour fixer leurs prix (et encore une fois, ce n'est absolument pas incompatible avec la fixation du prix du type CM+marge !!!).

    Bien évidemment, dès qu'on sort de la CPP, cette règle ne tient plus, mais ça les économistes orthodoxes le savent depuis très longtemps !!!

    Ce qui me navre, c'est que vous prenez les orthodoxes pour des débiles et vous manifestez cette prétention intellectuelle insupportable lorsque vous parlez de la théorie de Kydland et Prescott. Vous n'arrivez pas à envisager l'hypothèse que vous ayez peut-être compris de travers leurs travaux. Avez-vous essayer de chercher par vous-même pourquoi ils ont eu un nobel pour les cycles réels ? Pourquoi on considère que leur modèle a été une avancée fondamentale en macroéconomie, notamment pour comprendre les fluctuations ? De manière générale, vous êtes vous demander pourquoi vous aviez le sentiment que les économistes orthodoxes pourtant apparemment intelligents en tant qu'individus faisaient des travaux qui vous paraissent absurdes ?

    L'article de Benassy Boyer et Gelpi dont vous parlez, disponible ici : http://www.cepremap.cnrs.fr/couv_orange/co7808.pdf
    est très intéressant, mais pas au point d'évincer entièrement la théorie orthodoxe. D'une part, leur interprétation des crises comme changement de mode de régulation du capitalisme ne me semble pas s'appliquer à la crise actuelle (mais je me trompe peut-être). D'autre part, les économistes orthodoxes peuvent fournir des explications des crises très pertinentes, cf le dernier bouquin d'André Orléan : http://www.cepremap.ens.fr/depot/opus/OPUS16.pdf

    Ensuite, les économistes orthodoxes ont fait un choix, critiquable, certes, mais néanmoins pertinent sur un certain plan. Ils essaient de formuler des théories qui conduisent à des prédictions testables sur le plan empirique. C'est pour ça qu'ils ont mis du temps à s'interroger sur la question des institutions par exemple (mais ils s'y sont attaqués) : les institutions sont difficilement quantifiables, et il est difficile de formuler une théorie qui soit réfutable au sens de Popper. C'est à mon sens ce qui manque un peu trop souvent aux théories hétérodoxes. Souvent, ces théories sont cohérentes et séduisantes mais ne peuvent pas être testées et validées empiriquement.

    Les orthodoxes sont maintenant beaucoup plus concentrés sur les études empiriques que sur la théorie (cf. un de mes derniers billets d'histoire de la pensée). Pensez-vous qu'il s'agisse d'une démarche erronée ?

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  6. Pour finir, je vais parler du rôle des hypothèses en économie, que vous semblez comprendre de travers. Le but d'une hypothèse est de simplifier la réalité, qui est toujours extrêmement complexe en sciences sociales. Oui, dans certains modèles, on suppose que les agents sont rationnels. Pourquoi ? Parce qu'on cherche à savoir à quelles conditions un marché où opèrent des agents qui ne se préoccupent que de leurs intérêts individuels est efficace pour allouer les ressources (et la théorie de l'équilibre général nous a beaucoup appris à ce sujet).

    Rien n'empêche ensuite d'autres économistes de revenir sur ces hypothèses. Par exemple, l'économie comportementale lève l'hypothèse de rationalité parfaite. Elle essaie ensuite de savoir si on peut expliquer des phénomènes économiques qu'on ne pouvait pas expliquer avant. Il se trouve qu'il y en a un certain nombre mais qu'ils ne sont néanmoins pas légion. Dans la plupart des cas, le fait de lever l'hypothèse de rationalité parfaite ne permet pas de mieux comprendre les phénomènes économiques. Donc, dans la plupart des cas, l'hypothèse de rationalité parfaite, bien qu'irréaliste sur le plan microéconomique, est celle qui permet de comprendre le mieux l'économie.

    Je ne suis pas fermer à l'économie hétérodoxe. Je regrette simplement que trop d'hétérodoxes soient fermés à l'économie orthodoxe pour de mauvaises raisons. Beaucoup voient l'économie orthodoxe comme des théoriciens obsédés par leurs modèles mathématiques irréalistes. Cette vision est dépassée depuis longtemps et je travaille avec acharnement sur ce blog pour montrer en quoi l'économie orthodoxe permet de mieux comprendre la réalité.

    Lisez un peu mon blog, s'il vous plait. Si après ça, vous n'êtes toujours pas convaincu que l'économie orthodoxe a plein de choses intéressantes à nous apprendre, c'est que je ne pourrai jamais vous convaincre. Je vous invite à vous ouvrir l'esprit au maximum et à ne pas avoir de préjugés sur les économistes qui n'appartiennent pas au même courant que vous.

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  7. Ah j'oubliais deux petites choses. J'aimerais avoir votre avis sur cette citation de Friedman : "On ne juge pas un modèle par le réalisme de ses hypothèses mais par la qualité de ses prédictions" et d'autre part je voudrais aussi que vous disiez ce que vous pensez du célèbre texte de Paul Krugman "The accidental theorist", disponible ici : http://www.pkarchive.org/theory/hotdog.html

    Merci par avance.

    Je vous présente mes excuses pour m'être énervé dans mes commentaires précédents. Ce débat m'intéresse beaucoup et j'aimerais vraiment pouvoir le poursuivre de manière calme.

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  8. Bonjour,

    Je crois que le fossé et les préjugés sont tellement grands entre économistes orthodoxes et hétérodoxes, qu’il va falloir beaucoup de peines et de patience pour que nous arrivions à nous comprendre. Cela dit, je trouve cet échange intéressant également.

    Je vais reprendre point par point ce que vous avez écrit, et tenter de développer d’avantage.

    1) Les économistes orthodoxes croient trop souvent que les hétérodoxes leur reproche leur excès de formalisation. Si c’est vrai pour quelques-uns c’est globalement faux, la meilleure preuve étant que les modèles de macroéconomie hétérodoxe (de Kaldor à Kalecki, Robinson, Minsky) sont tout aussi formalisés que les modèles orthodoxes. Je pense que la principale critique formulée quant à la formalisation orthodoxe est qu’en mettant un voile mathématique sur les notions économiques, elle empêche à leurs auteurs de s’apercevoir de l’absurdité des concepts qu’ils manipulent (probablement le plus bel exemple étant, je le maintiens et je signe !, les cycles réels de Kydland et Prescott, mais j’en reparlerai).

    2) De même les orthodoxes croient trop souvent que ce que critiquent en premier lieu les hétérodoxes, c’est la non perfection de la concurrence ou la non hyper-rationalité des consommateurs, non les hétérodoxes ne demandent de mettre 0,99 là ou il y a écrit 1, ou même 0,9, ce sont les hypothèses fondatrices mêmes de la théorie néoclassique qui sont remises en cause. A partir de là, les modèles peuvent se complexifier, s’affiner, 1000 variables pour décrire le comportement des gens peuvent y être rajoutés qu’ils demeureront malgré tout faux, car leurs fondations sont incorrects.
    En résumé, être hétérodoxe ce n’est pas trouver les hypothèses orthodoxes trop « simplificatrices », mais tout simplement inexacts.

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  9. (suite)
    3) Alors, petite digression qu’est-ce qu’être hétérodoxe ? (le livre de Marc Lavoie, l’économie postkeynésienne, est à ce titre très éclairant) :
    - supposer que la monnaie est endogène, et non exogène (et ça c’est tout simplement la vérité, les banques créent de l’argent en accordant des crédits, si la demande de crédit augmente la création monétaire augmente), il n’y a pas une fonction d’offre et une fonction de demande de monnaie, cela n’a aucun sens, il y a une demande de crédits pour un taux d’intérêt donné et la monnaie est créée quand un crédit est accordé, et la monnaie finance l’ensemble de l’économie, ce n’est pas juste une monnaie de transaction, de précaution, etc.. Donc IS-LM, etc. tous ses modèles n’ont pas de sens.
    - l’économie est guidée par la demande et la demande anticipée. Si la demande augmente, la production augmente, si la demande anticipée augmente, l’investissement augmente (sans que l’investissement n’ait aucun lien avec l’épargne, ce sont les investissements qui génèrent l’épargne et non l’inverse). Bien sûr il ne suffit pas de créer des billets à l’infini et d’en donner à tout le monde pour que l’on soit infiniment riche, mais jusqu’à présent l’offre potentielle a toujours été supérieure à la demande, et toute augmentation de celle-ci aurait trouvé une offre correspondante
    - lorsque la demande diminue, eh bien les entreprises produisent moins et donc licencie, le chômage n’a donc (quasiment) rien à voir avec une affaire de salaire (tant que celui est inférieur à la productivité moyenne de l’employé), c’est tout simplement une affaire de faiblesse de la demande
    - l’économie est monétaire, raisonner en dichotomie n’a aucun sens, l’économie est un circuit avec des flux et reflux d’argent, raisonner en termes d’économie linéaire qui va de la production à la consommation n’a donc non plus aucun sens.

    Bon je m’arrête à ces 4 points, mais voyez bien qu’ils sont indissolubles et inintégrable dans la théorie néoclassique. Les vraies théories hétérodoxes (pas les pseudos qui ne sont ni vraiment orthodoxes ou hétérodoxes comme théorie comportementale, etc..) ne font pas progresser l’économie orthodoxe, elles ne peuvent qu’aboutir en sa remise en cause complète. Et il ne faut n’y voir là point de haines farouches et aveugles contre l’orthodoxie, juste une désapprobation totale vis-à-vis du parfait non sens qu’elle constitue.

    Ah et peut-être dernier point, l’économiste hétérodoxe est persuadé que l’économie pourrait croître à rythme bien plus élevé que ce qu’elle croît et a crû jusqu’à présent et persuadé que par des politiques économiques intelligentes (très différentes de celles menées actuellement, mais ceci fera l’objet d’un prochain débat) il serait relativement aisé de permettre à tous les Hommes de vivre correctement et dignement en peu de temps. Et que tous ce gâchis de chômage, de misère, de souffrance, avec ses millions de morts prématurées absurdes à travers le monde, a pour principal origine les mauvaises politiques économiques mises en œuvre par des gouvernements de bonne foi, qui écoutent des économistes néoclassiques de bonne foi, mais dont la vision est à ce point erronée qu’ils sont responsables chaque année par leurs conseils et sans même s’en douter de millions de morts (entre autre exemple, mais c’est une goutte d’eau dans l’immensité des dégâts causés par les erreurs des orthodoxes, il y a eu les politiques d’ajustement structurels du FMI, de l’OMC, Friedman est les ex-pays soviétiques, etc.. etc.. etc..).

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  10. 4) Voilà pour le global, pour le détail, revenons à Kydland et Prescott, oui je pense que se sont des personnes très intelligentes, comme de nombreux économistes orthodoxes, mais je pense qu’ils sont tellement enfermés dans la théorie orthodoxe, qu’ils privilégient tellement la cohérence interne de leur modèle à la recherche de la vérité (comme le dit Mankiw je le répète, pourtant orthodoxe reconnu, mais qui sait reconnaître quand ça dépasse trop les bornes !!), qu’ils sont tellement persuadés de la justesse des fondements de la théorie néoclassique, qu’ils ont pondu une théorie stupide, dénuée de tout bon sens et consternante. Et ce reproche je le fais globalement à l’ensemble des orthodoxes.

    5) Autre point, cette éternelle histoire du prix. Vous dîtes que le coût marginal est nécessairement supérieur au coût moyen. Vous être d’accord que cela est vrai uniquement si les rendements sont supposés décroissants. S’ils sont constants (sans coûts fixes), alors CM=Cm, et s’ils sont croissants, alors CM>Cm. La tarification au coût marginal n’est donc pas du tout une implication indiscutable de la maximisation du profit. Est-on au moins d’accord sur ce point ?
    Donc, dans la mesure où l’économiste hétérodoxe, tout comme les chefs d’entreprise, Adam Smith, Ricardo et n’importe quel personne sobre a conscience qu’une entreprise n’a dans 99,99% des cas pas de rendements décroissants, la tarification au coût marginal n’a pour ces gens-là aucun sens.
    Et si l’on suppose que les entreprises ont soit des rendements croissants, soit des rendements constants mais avec des coûts fixes (donc pour un temps croissant aussi), le prix fixé par les entrepreneurs n’a strictement rien à voir avec le coût marginal, mais dépend juste du coût moyen et de la marge. On est d’accord là aussi ?
    Le résultat prix = Cm, avant d’être la conséquence de la maximisation du profit, est la conséquence des rendements décroissants, hypothèse tout simplement, quasiment en tout temps et tout lieu, absurde !
    Et ce résultat n’est ni difficilement testable ni tellement contre-intuitif qu’aucun chef d’entreprise n’en aurait conscience, il est juste incorrect.
    Dans mon monde où les entreprises ont des rendements constants ou croissants, où les entrepreneurs répondent à une demande donnée, en espérant à coup d’innovations qu’elle soit la plus grande possible, prix = CM + marge. A la limite si vous voulez si on suppose une concurrence totale (et en enlevant les coûts fixes) alors la marge est nulle et prix = CM.
    Et les rendements ne sont pas non plus croissants, puis décroissants, c’est encore une idée un peu tordue pour tenter de concilier réalité et théorie en prenant un peu des deux. Les entreprises produisent en moyenne à 80% de leur potentiel de production, si la demande augmente elles produiront d’avantage et chaque unité produite coûtera moins car les profits seront répartis sur une plus grande production, et ce sera tant mieux pour elles.

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  11. 6) Si votre blog évoque divers aspects concrets et amusants de la vie quotidienne, je n’en ai pas vu qui nécessitent spécifiquement la théorie néoclassique pour les comprendre. On peut les appréhender avec bien d’autres théories, donc cela ne justifie en rien une quelconque réussite de la théorie néoclassique, et l’utilisation de la théorie des jeux, qui revient régulièrement, est commune aux théories orthodoxes et hétérodoxes. Je suis sûr qu’on pourrait tenir un blog sur la théorie créationniste en évoquant plein d’aspects sympathiques de la biologie, sans que cela ne la rende pour autant exact.

    7) Pour finir, j’ai parcouru l’article d’Orlean, je le lirais plus en détail, mais bon.. la cause des crises est (selon moi) que le système capitalisme ne parvient pas à générer une demande suffisante pour écouler sa production, l’endettement est alors nécessaire, jusqu’à ce qu’il y ait crise, d’où d’indispensables politiques budgétaires et monétaires pour accompagner la croissance comme pour réguler les crises.
    Krugman j’ai lu son livre « la mondialisation n’est pas coupable », il est arrogant, inexact car omet complètement la création monétaire qui rend caduque le lien épargne - déficit balance des paiements, comme celui épargne – investissements. Cet article passe sous silence le problème de la demande, Keynes montrait très bien il y a 60 ans comment on pouvait aboutir à un équilibre stable de sous-emploi, et cela pourrait s’appliquer à cet article.
    Et concernant la citation de Friedman, c’est amusant je suis tombé dessus lors d’un examen en épistémologie en master, que voulez-vous que je vous dise, le problème avec la théorie néoclassique est que les modèles sont irréalistes et les prédictions inexacts (la quasi-totalité des prédictions des modèles de Solow comme Romer sont erronées, quand on essaie de les chiffrer ça devient même du grand n’importe quoi, oh le beau taux de croissance de 19%) les théories du commerce international sont les plus souvent inexacts, les crises sont récurrentes et les économies capitalistes connaissent un chômage chronique, en totale contradiction avec la théorie. Si un modèle a des hypothèses justes (même si simplificatrices) il aura une bonne qualité de prédiction. Sinon, revoir les hypothèses (Popper).. C’est un peu court, mais voilà !

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  12. Bonjour.

    Je ne vais pas pouvoir répondre à tout. Mais je vais essayer.

    Je commence par l'histoire p=Cm. Je ne suis absolument pas d'accord pour dire que les rendements croissants sont aussi fréquents. Le cas le plus banal est celui de rendements croissants PUIS décroissants ! C'est-à-dire que le coût moyen est décroissant puis croissant.

    De toutes manières, si les rendements étaient si souvent croissants, comment se fait-il qu'autant d'estimation de fonctions de production aboutissent à des rendements décroissants ou constants ??? Vous faites abstraction des faits.

    Je tique aussi sur l'histoire du coût du travail. Le chômage a un lien avec le salaire. Ce n'est pas une question d'opinion, ça a été mis en évidence par de nombreuses études empiriques que vous devriez consulter, comme celle de Salanié ou celle d'Abowd, Kramarz et Margolis (ou encore celle de Card et Kruger qui donne un résultat contre-intuitif mais qui montre quand même que le coût du travail n'est pas déconnecté du chômage !!). Pour le coup, c'est vous qui posez une hypothèse non seulement irréaliste du point de vue du bon sens (qui peut penser que l'employeur ne prend pas en compte le salaire dans sa décision d'embaucher ?) mais en plus démentie sur le plan empirique. Ce ne sont donc pas les orthodoxes que l'on peut qualifier d'autistes.

    Sur les prédictions des modèles de croissance, je ne sais pas sur quoi vous vous appuyez ! Lisez "Dynamique économique" de Gilbert Abraham-Frois, vous verrez qu'il y a plein de choses intéressantes à dire.

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  13. Le modèle de Kydland et Prescott est intéressant à deux titres. Tout d'abord, ils parviennent à fournir pour la première fois et dans un cadre simple, une explication à peu près plausible (et ayant des microfondements) de l'origine des fluctuations dans l'activité économique. De plus, ce modèle pose une question pertinente : faut-il mener des politiques contra-cycliques ?? Ils montrent qu'ils existent certaines fluctuations qui sont le résultat d'un ajustement des comportements et contre lesquelles il est inefficace de lutter. Bref, je m'arrête là car je ne suis pas un spécialiste de la macroéconomie.

    D'ailleurs, votre explication de la crise mérite une argumentation plus approfondie. Expliquer la crise par une insuffisance de la demande globale ne me convainc pas.

    L'équation de Krugman que vous critiquez est bien la seule qui ne soit pas critiquable puisqu'il s'agit d'une identité comptable.

    Concernant mon blog, tous les billets sont fondés sur des recherches issues de la théorie la plus orthodoxe possible. Je parle rarement de théorie pour pouvoir toucher un plus grand public.

    Bon, pour l'histoire des économistes néoclassiques responsables de millions de morts, je pense que vous devriez quand même éviter ce genre d'affirmation. Si vous lisez un peu les blogs orthodoxes, vous verrez que nous sommes tous très critiques vis-à-vis des politiques menées partout dans le monde, et donc que les dirigeants n'écoutent pas les économistes orthodoxes. Effectivement, de mauvaises politiques ont été menées et sont encore menées aujourd'hui, mais je ne vous ferai pas l'insulte de croire que vous puissiez penser que les orthodoxes sont tous des ultra-libéraux qui prônent le libéralisme sans règles. Les sondages qui ont été menés montrent que les orthodoxes sont en moyenne proches du centre et légèrement à gauche.

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  14. Sur le point 1), j'aimerais que vous me citiez enfin les hypothèses fondatrices que vous jugez fausses. Car si vous ne rejetez ni la concurrence parfaite, ni la rationalité des agents, vous ne pouvez rejeter p=Cm (mais je vous rappelle que la concurrence parfaite est incompatible avec les rendements éternellement croissants, bien que j'attends encore que vous me montriez une étude empirique attestant que les rendements éternellement (et non pas localement) croissants sont aussi fréquents que vous le prétendez).

    Ensuite, vous faites implicitement des hypothèses très osées ! Vous affirmez que l'offre de monnaie ne joue aucun rôle dans l'économie et que donc par exemple, les banques centrales ne jouent aucun rôle pour réguler la création monétaire. Donc, la BCE et la FED peuvent bouger les taux d'intérêt comme elles le souhaitent, ça ne changera rien d'après vous ! Un peu exagéré vous ne trouvez pas ? D'autre part, les orthodoxes manipulent des modèles à offre de monnaie endogène (la règle de Taylor par exemple).

    Dire que l'offre ne joue aucun rôle dans l'économie de manière générale est également absurde. Vous affirmez que les variations de coûts de production n'ont par exemple aucun impact sur l'économie ? De même que les innovations technologiques ? Ainsi que tous les facteurs qui affectent l'offre ?

    D'autre part, vous affirmez que toute augmentation de la demande trouvera une offre. Il faudra alors expliquer pourquoi un plan de relance peut échouer (début des années 1980 en France ou le dernier plan de relance aux Etats-Unis qui n'a pas eu d'effet sur la demande comme le montre Taylor dans son dernier article). Ou alors pourquoi il ne suffit pas de créer de la monnaie pour relancer l'économie !

    Je vais m'arrêter là (vous abordez sans cesse de nouveaux sujets dont certains que je maîtrise relativement mal). Je voudrais poser une conclusion (qui aura au moins le mérite je l'espère de recentrer la discussion) :
    * Vous posez énormément d'hypothèses très discutables dont certaines ont été démenties par les études empiriques. On a MESURE que l'offre avait un impact sur la croissance, on a MESURE que le coût du travail avait un impact sur le chômage, on a MESURE que l'offre de monnaie avait un impact sur l'économie, on a MESURE la substituabilité des facteurs, on a MESURE les rendements et on a souvent trouvé des rendements décroissants.
    * La critique selon laquelle l'économie orthodoxe est déconnectée de la réalité n'est pas pertinente. Les orthodoxes n'ont jamais investi autant de moyens pour vérifier leurs hypothèses, tester leurs prédictions, mesurer les liens entre les variables et ce, avec des données empiriques et des méthodes économétriques très rigoureuses ! Essayez de publier une étude empirique dans un grand journal orthodoxe et vous verrez à quel point les rapporteurs sont tatillons sur la qualité de la méthode économétrique ! (idem avec les articles théoriques d'ailleurs).

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  15. Je pense, en toute honnêteté et sans animosité aucune, que vos critiques de l'économie orthodoxe viennent d'une vision déformée de celle-ci. Vous connaissez beaucoup de grandes théories orthodoxes, mais vous les sortez de leur contexte et surtout, vous ne semblez pas très bien connaître la théorie orthodoxe telle qu'elle se pratique tous les jours.

    Penchez-vous un peu sur celle-ci, et vous verrez à quel point les économistes orthodoxes passent du temps à remettre en question toutes leurs hypothèses, à questionner la pertinence de chacune d'elles, à vérifier si les données confirment les hypothèses et les prédictions...

    Et j'admets en toute bonne foi que je ne connais RIEN à l'économie hétérodoxe et que j'ai une vision parfaitement déformée de celle-ci !

    Je m'attaque simplement aux critiques trop sommaires de l'économie orthodoxe et je tiens ce blog pour montrer les efforts considérables que font les économistes pour faire le lien entre leurs théories et la réalité. D'après une étude menée sur l'American Economic Review (une des revues numéro 1 en économie orthodoxe), 60% des articles sont des études empiriques, 30% proposent une explication théorique à un phénomène observé empiriquement, et 10% sont des articles de théorie pure.

    Je pense qu'il faut que l'on admette tous les deux que l'on a une connaissance malheureusement trop imparfaite des courants autres que ceux dans lesquels nous travaillons. Il faut éviter que nous nous fermions aux autres courants et surtout, il faut éviter que nous nous radicalisions. Les critiques agressives (j'admets que je tombe fréquemment dans ce piège) tendent à placer l'interlocuteur dans une position défensive qui peut générer de la mauvaise foi.

    Oui, j'admets que les hypothèses des modèles orthodoxes sont souvent irréalistes, mais je pense que, pour autant, ces modèles gardent une pertinence pour comprendre la réalité. J'affirme également que les orthodoxes ont beaucoup de recul par rapport à ces hypothèses et prennent du temps pour les confronter aux faits.

    Si vous souhaitez pousser plus avant la discussion sur des points techniques ou des modèles précis, vous pouvez me contacter par mail à l'adresse indiquée sur ce site (ça évitera de prendre trop de place dans les commentaires). Néanmoins, je vous invite à poursuivre la discussion sur le blog si on se recentre sur les questions fondamentales du débat, ceci afin d'éviter d'évoquer sans fin la "guerre de la théorie X contre la théorie Y" (la problématique de fond étant plutôt la méthodologie des sciences économiques).

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  16. Bonjour,

    Je me permets de continuer un peu la discussion sur le blog (histoire que d’éventuels lecteurs puissent avoir la suite des débats), mais relativement rapidement. Je pense que le problème avec l’économétrie actuellement est que l’on peut tout démontrer, je peux vous donner des articles hétérodoxes qui démontrent, économétriquement et avec la même rigueur que les orthodoxes, des résultats exactement inverses à ceux obtenus par les orthodoxes (sur l’importance primordiale de la demande pour comprendre croissance et crises par exemple).

    Concerne la relance de 81 en France, elle a boosté les ventes de magnétoscopes Japonais, c’est bien qu’avant la relance la production potentielle de magnétoscopes Japonais était supérieure à leur production effective !! (et qui plus est, la croissance en France a été supérieure à celle des autres pays, donc globalement les entreprises ont pu produire plus !) Le problème actuellement avec les politiques de relance est qu’une grande partie part en exportations, le problème alors ne vient pas de ces politiques mais du manque de coopération international et du libre-échangisme débridé actuel ! (contre lequel j’aurai bcp d’autres griefs, dumping social, environnemental, pollution des transports, et j’ai peur d’imaginer où tout cela pourrait mener l’Humanité !!)
    Mais avant d’être accusé de partisan d’une France repliée sur elle-même, je vos dirais juste que je suis pour un protectionnisme raisonnable et intelligent (et je pense que le monde entier y gagnerait, notamment parce que des politiques de relance pourrait être mises en place à plus grande échelle pour réduire le chômage, mais également des réglementations environnementales plus sévères sans que l’on craigne la compétition de pays aux réglementations plus que laxiste !)

    Pour Kydland et Prescott, ils affirment quand même que la diminution du nombres d’heures travaillées au cours des crises (= le chômage) est due aux employés qui, voyant leurs salaires baisser, substitue du loisir au travail (grosso modo, l’ouvrier voyant son salaire baisser explique à son patron que le loisir devient de fait plus intéressant que le travail et donc qu’il travaillera désormais moins !!! pour travailler plus le jour où un choc de productivité positif pointera son nez, c’est-à-dire le jour où tout les machines du monde se mettront sans qu’on sache pourquoi à mieux fonctionner !!)
    Au contraire si le salaire baisse les gens ont tendance à vouloir travailler plus car ils ne vivent pas sur une île déserte remplie de noix de coco, ils ont un loyer et de la nourriture à payer !)
    Ce modèle est non seulement une insulte à tous ceux qui perdent leur emploi en temps de crise, mais également à l’intelligence humaine !!! Tiens je vous mets en lien l’article de Mankiw dont je vous parlais (et traduit en français en plus, comme ça tous les curieux pourront comprendre)
    sophie.bereau.googlepages.com/Traduction_Mankiw1989.pdf
    Je ne vais m’amuser à multiplier les contre-exemples, si vous me dîtes que vous êtes d’accord avec cette histoire de chômage-substitution-travail-loisir, alors je laisse tomber définitivement cette discussion qui ne sert plus à rien, on vivrait décidément dans des mondes trop différents pour se comprendre !

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  17. Mais vous ne connaissez pas la meilleure !! Le modèle de Kydland et Prescott et assimilés, une fois calibré de manière ad hoc etc. donnent de très bons résultats d’un point de vu économétrique !! Eh oui !!! Avec un modèle bien calibré, des données bien nettoyés, vous obtiendrez quasiment toujours un bon résultat économétrique ! C’est pour cette raison que le fort développement des études empiriques néoclassique n’a à mon sens pas d’avantage de valeurs que les élucubrations théoriques qui l’ont précédées.
    Concernant les rendements décroissants, ou croissants puis décroissants, je préfère laisser tomber, les dizaines de milliers de questionnaires ont été envoyés à des dizaines de milliers de chefs d’entreprise, et pour 90% d’entre eux les rendements décroissants n’existent pas, mais cela ne convainc les économistes néoclassiques, alors..

    Je ne reprends pas d’avantage ce que j’ai dit dans mon dernier mail et que vous aurez repris en le caricaturant un poil, juste sur l’histoire de la création monétaire. Eh bien figurez-vous que oui je pense qu’un peu de planche à billet ferait du bien aux économies (oh shocking !!),
    Si l’offre est potentiellement supérieure à la demande, alors accroître la demande en créant de l’argent (de manière bien évidemment intelligente et raisonnée et contrôlée, etc..) boosterait effectivement l’économie (le mieux étant qu’il serve à booster l’économie verte !), le meilleur moyen étant probablement de donner cet argent à l’Etat (par exemple 2, 3% du PIB chaque année) déjà il s’endetterait moins (endettement qui revient de toute façon plus ou moins directement à de la création monétaire) et puis cet argent serait utile pour beaucoup de choses ! (vu qu’il en manque partout ! santé, éducation, etc. !)

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  18. Concernant le fait que les orthodoxes sont plutôt centre gauche, écoutez tous les partis socialistes, sociaux-démocrates, centristes et libéraux n’appliquent que des politiques économiques orthodoxes, donc ca ne change rien à l’histoire des millions de morts générés par ces politiques et leurs conseillers économiques. Et je pense sincèrement qu’heureusement que les gouvernements n’écoutent pas d’avantage les économistes orthodoxes et sont aussi obligés de composer avec le mécontentement populaire et leur réélection. Il manque sur l’échiquier politique un parti d’inspiration postkeynésienne, entre la bêtise et les raccourcis de l’extrême gauche et les erreurs des partis dits de gouvernements qui appliquent tous les préceptes de (ce qu’il faut bien appeler) la pensée unique..
    Un parti pour une dose de protectionnisme et une dose de création monétaire, ce qui réglerait déjà bien des problèmes ! (peut-être que les choses sont si simples que cela ! Et que l’on monde se fourvoie depuis 150 ans ! je le crois sincèrement)

    Et je m’excuse je ne suis ni d’un tempérament querelleur ni guerrier ou quoi que ce soit, mais il ne peut à mon sens qu’y avoir guerre des théories hétérodoxes contre les théories orthodoxes, car elles sont inconciliables. Et les conséquences des théories orthodoxes ont causé des catastrophes humaines inédites pour une théorie (bon disons à égalité avec le marxisme) et d’une ampleur jamais vue. J’écoutais la semaine dernière une émission d’histoire avec Pierre Milza et il affirmait très clairement que la seconde guerre mondiale est la conséquence directe de la crise économique, c’est-à-dire la conséquence directe de l’incapacité des néoclassiques de l’époque comme d’aujourd’hui à appréhender correctement le fonctionnement de l’économie et donc à envisager des solutions pertinentes pour sortir de la crise. Ah si les hétérodoxes avaient dominé la science économique à cette époque ! Et aujourd’hui on observe cela tous les jours dans les bidonvilles du monde entier, le chômage du masse (qui est le plus élevé dans les pays du monde où les salaires sont les plus faibles et sans réglementations, n’oubliez pas !!) et les crises écologiques à venir.

    Voilà je m’arrête là, je vous conseille la lecture du livre « Pas de pitié pour les gueux » de Laurent Cordonnier (il est très court et pas cher), qui traduit en mots les modèles orthodoxes qui expliquent le chômage, les doctorants orthodoxes de mon labo l’ont trouvé très bien et très fidèle aux dits modèles ! Et pourtant, comme le modèle des cycles réels, tout cela est absurde et consternant..

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  19. Je crois que nous avons atteint notre point de désaccord. On reproche aux orthodoxes de ne pas confronter leurs théories aux faits. Ils inventent l'économétrie qui est la méthode la plus rigoureuse qui existe pour analyser les relations causales entre les variables en sciences sociales. Puis, vous affirmez que l'on peut tout démontrer en économétrie (si c'est le cas, on aurait bien besoin de vous au labo, parce que nous on galère !!!).

    Si vous rejetez l'approche empirique, alors vous condamnez l'économie à n'être qu'une querelle éternelle entre théoriciens, chose que les orthodoxes refusent.

    Et effectivement, si vous rejetez l'économétrie, aucun article de ce blog ne vous intéressera.

    Je vous souhaite bon courage dans vos futures batailles théoriques. Je préfère pour ma part étudier les faits et la réalité, comme le font les orthodoxes.

    Si vous parvenez à laisser de côté vos préjugés idéologiques, vous parviendrez peut-être un jour à vous intéresser à l'économie orthodoxe et à apprécier les progrès qu'elle a pu faire plutôt que de tout rejeter en bloc sous prétexte qu'il s'agit d'un courant différent du vôtre.

    Je ferme les commentaires pour ce billet.

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