vendredi 26 juin 2009

Economie de l'obésite

Michael Grossman fait un résumé des avancées récentes en économie de la santé. Une section entière s'intitule "Economie de l'obésité" (thème d'actualité) et mérite d'être traduite et résumée (je résume un résumé, donc j'espère que personne ne va résumer mon résumé de résumé, sinon il ne restera plus rien).

"Genetic factors cannot account for the rapid increase in obesity since 1980 -- these factors change slowly over long periods of time. Therefore, economists have a role to play in examining the determinants and consequences of this trend".

"Les facteurs génétiques ne peuvent pas expliquer à eux seuls la rapide augmentation de l'obésité depuis 1980 -- ces facteurs ne changent que très lentement et sur des périodes de temps assez longues. De ce fait, les économistes ont un rôle à jouer dans l'examen des causes et des conséquences de cette tendance".

Voici les différents faits établis par les études récentes :

  1. La suppression des pubs pour les fast-food à la télé réduirait, dans une population de taille fixe, le nombre d'enfants obèses (3 à 11 ans) de 18% et le nombre d'adolescents obèses (12 à 18 ans) de 14%.
  2. La loi de 1972 votée aux Etats-Unis nommée "Title IX of the Education Amendments" interdit les discriminations sur la base du sexe dans le domaine éducatif. Cette loi a eu pour principale conséquence un meilleur accès des filles aux activités sportives. Ce supplément de sport a eu un impact significative sur la santé et le taux d'obésité des filles. Malheureusement, il semblerait que ce résultat ait été obtenu au détriment des garçons (à ressources constantes, plus de ressources pour les filles signifie moins de ressources pour les garçons).
  3. Les programmes nutritionnels mis en place à l'école ne fonctionnent pas toujours. Le "School Breakfast Program" a eu des effets positifs mais le "National School Lunch Program" a eu des effets négatifs.
  4. L'abandon de l'IMC (indice de masse corporelle) comme indicateur de l'obésité au profit du FFMI (Fat Free Mass Index) qui prend en compte la part du poids due aux muscles plutôt qu'à la graisse a permis d'établir un lien robuste entre obésité et salaires. Les personnes ayant une masse graisseuse plus importante ont des salaires plus faibles.
  5. Les individus obèses génèrent un coût externe de 150$ (j'imagine que l'étude a été faite aux Etats-Unis mais je n'ai pas vérifié) pour les non-obèses via les frais médicaux (attention, cette phrase ne doit pas être interprétée sous un angle moralisateur mais sous un angle factuel).
  6. Les personnes ayant une assurance santé tendent à faire moins attention à leur poids par rapport aux individus n'en ayant pas (en contrôlant l'effet de sélection qui fait que les individus ayant un risque d'obésité plus important sont plus susceptibles de contracter une assurance).


3 commentaires:

  1. A noter dans nos agenda.

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  2. merci pour cet article !

    j'ai trouvé une analyse très intéressante sur ce sujet : http://www.delitsdopinion.com/1analyses/les-francais-et-lalimentation-la-fin-de-lexception-culturelle-1242/
    pourriez-vous me donner votre avis ?

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  3. Cet article est intéressant, et donne pas mal de chiffres utiles.

    Seul élément avec lequel je ne suis pas d'accord : il associe sentiment de perte du pouvoir d'achat et baisse de la part des revenus consacrée à l'alimentation.

    Or, il me semble au contraire que l'alimentation est un bien inférieur et que donc la baisse de la part des dépenses qui y est consacrée est plutôt la conséquence d'une augmentation du pouvoir d'achat (qui n'a pas cessé d'augmenter sur la période considérée : http://www.insee.fr/fr/publications-et-services/default.asp?page=dossiers_web/pouvoir_achat/graphiques_pouvoir_achat.htm#graphique1)

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